MADAME DE FLEURVILLE, _froidement.—_Je ne redoute pas, madame, la méchanceté de Sophie; je suis bien sûre que je me ferai obéir d'elle sans difficulté.

MADAME FICHINI.—Ainsi donc, vous voulez bien consentir à m'en débarrasser? Je vous préviens que mon absence sera longue; je ne reviendrai pas avant deux ou trois mois.

MADAME DE FLEURVILLE, _toujours avec froideur.—_Ne vous inquiétez pas du temps que durera votre absence, madame, je suis enchantée de vous rendre ce service.

MADAME FICHINI.—Dieu! que vous êtes bonne, chère dame! que je vous remercie! Ainsi je puis faire mes préparatifs de voyage?

MADAME DE FLEURVILLE, _sèchement.—_Quand vous voudrez, madame.

MADAME FICHINI.—Comment! je pourrais partir dans trois jours?

MADAME DE FLEURVILLE.—Demain, si vous voulez.

MADAME FICHINI.—Quel bonheur! que vous êtes donc aimable!
Ainsi, je vous enverrai Sophie après-demain.

MADAME DE FLEURVILLE.—Très bien, madame; je l'attendrai.

MADAME FICHINI.—Surtout, chère dame, ne la gâtez pas, corrigez-la sans pitié: vous voyez comment il faut s'y prendre avec elle.