JACQUES.—Alors quoi? Je ne comprends pas du tout.
PAUL.—Eh bien! alors… vous êtes tous trop bons pour moi; voilà tout.
SOPHIE, _riant.—_Ha! ha! ha! voilà une explication qui n'explique rien du tout, mon pauvre Paul. Les sauvages ne t'ont pas appris à faire comprendre tes idées.
LÉON.—Non, mais son bon coeur lui fait comprendre qu'il est doux de rendre le bien pour le mal, et son bon exemple me fait comprendre à moi la générosité de son explication.
Paul allait répondre, lorsqu'ils entendirent des cris d'effroi du côté du château; ils y coururent tous et trouvèrent leurs parents rassemblés autour d'une femme de chambre sans connaissance; près d'elle, une jeune ouvrière se tordait dans une attaque de nerfs, criant et répétant: «Je le vois, je le vois. Au secours! il va m'emporter! il est tout blanc! ses yeux sont comme des flammes! Au secours! au secours!
—Qu'est-ce donc, mon père? demanda Paul avec empressement; pourquoi cette femme crie-t-elle comme si elle était entourée d'ennemis?»
M. DE ROSBOURG.—C'est quelque imbécile qui a voulu faire peur à ces femmes, et qui leur a apparu déguisé en fantôme. Nous allons faire une battue, ces messieurs et moi. Viens avec nous, Paul; tu as de bonnes jambes, tu nous aideras à faire la chasse au fantôme.
—Est-ce que tu n'auras pas peur? lui dit tout bas Marguerite.
PAUL, _riant.—_Peur d'un fantôme?
MARGUERITE.—Non, mais d'un homme, d'un voleur peut-être?