PAUL.—Pour ça, non. Est-ce que tu respectes les Tourne-Boule?
Sont-ils plus heureux que nous?
MARGUERITE.—Personne n'est heureux comme nous, je crois, depuis le retour de papa et de Paul.
MADELEINE.—Et nous qui ne sommes pas riches, ne sommes-nous pas très heureuses?
CAMILLE.—Et notre bonheur est si vrai! personne ne peut nous l'ôter; il est au fond de nos coeurs, et c'est le Seigneur qui nous le donne.
PAUL.—C'est vrai. Quand on a de quoi manger, de quoi s'habiller, se chauffer et vivre agréablement, de quoi donner à tous les pauvres des environs, à quoi sert le reste? On ne peut pas dîner plus d'une fois, monter sur plus d'un cheval, dans plus d'une voiture, brûler plus de bois que n'en peuvent tenir les cheminées. Ainsi, que faire du reste, sinon le donner à ceux qui n'en ont pas assez?
M. DE ROSBOURG.—Tu as mille fois raison, mon garçon, et à nous deux nous battrons le pays à dix lieues à la ronde pour que tout le monde soit heureux autour de nous.
Les dames et les enfants rentrèrent chacun chez soi. Jacques et
Marguerite allèrent dans leur cabane pour lire et causer. Paul et
Léon allaient les suivre, lorsque M. de Rosbourg, prêtant
l'oreille, dit:
«Mais… quel est ce bruit? Il me semble entendre des gémissements mêlés d'éclats de rire.»
PAUL.—Je les entends aussi. Viens, Léon, allons voir.
LÉON, _timidement.—_Je n'entends rien, moi. Tu te trompes, je crois.