«Il ne s'agit que de commencer, mon brave Léon, lui dit M. de Rosbourg. Tu vois, te voilà l'associé de Paul, le brave des braves.»

M. DE RUGÈS.—Occupons-nous de ce pauvre garçon, qui est là sans vêtements et dans un état à faire pitié.

M. DE ROSBOURG.—Où demeure-t-il? Est-ce loin d'ici?

LÉON.—Non, à deux cents pas, dans le hameau voisin.

M. DE ROSBOURG.—Où ont-ils mis tes habits, mon pauvre garçon?

L'IDIOT.—Ils… les ont… jetés… par-dessus la haie. En un clin d'oeil Paul sauta par-dessus la haie et saisit les habits de l'idiot. «Tiens, reçois-les», dit-il à Léon en les lui lançant.

M. DE ROSBOURG.—Avant de l'habiller, lavons-le dans la mare qui est ici auprès; l'eau fraîche calmera l'inflammation laissée par les orties et les coups de verges. Viens, mon pauvre garçon; appuie-toi sur mon bras; n'aie pas peur, je ne te ferai pas de mal.

—Oh! non. Vous êtes bien bon… je vois bien… répondit l'idiot en tremblant de tous ses membres. Mais… ça me fait mal… de marcher…

M. de Rosbourg et M. de Rugès le prirent dans leurs bras et le portèrent dans la mare. La fraîcheur de l'eau le soulagea.

«Ne me laissez pas, disait-il: ils reviendraient et ils me battraient encore. Oh! là là! qu'ils cinglaient fort! Oh! que ça me fait mal!»