Ils déjeunèrent tous avec appétit; Violette battait des mains, s'interrompait sans cesse pour s'écrier, la bouche pleine:
«Ah! que c'est bon! Violette aimer beaucoup cela! Violette très contente!»
Après le déjeuner, Ourson et Violette sortirent pendant qu'Agnella et Passerose faisaient le ménage. Ourson jouait avec Violette, lui cueillait des fleurs et des fraises. Violette lui dit:
«Violette promener toujours avec Ourson; Ourson toujours jouer avec Violette.
—Je ne pourrai pas toujours jouer, ma petite Violette. Il faut que j'aide maman et Passerose.
—Aider à quoi faire, Ourson?
—Aider à balayer, à essuyer, à prendre soin de la vache, à couper de l'herbe, à apporter du bois et de l'eau.
—Violette aussi aider Ourson.
—Tu es encore bien petite, chère Violette; mais tu pourras toujours essayer.»
Quand ils rentrèrent à la maison, Ourson se mit à l'ouvrage. Violette le suivait partout; elle l'aidait de son mieux, ou elle croyait l'aider, car elle était trop petite pour être réellement utile. Mais au bout de quelques jours, elle commença à savoir laver les tasses et les assiettes, étendre et plier le linge, essuyer la table; elle allait à la laiterie avec Passerose, l'aider à passer le lait, à l'écrémer, à laver les dalles de pierre. Elle n'avait jamais d'humeur; jamais elle ne désobéissait, jamais elle ne répondait avec impatience ou colère. Ourson l'aimait de plus en plus; Agnella et Passerose la chérissaient également, et d'autant plus qu'elles savaient que Violette était la cousine d'Ourson.