Le titre de Thian-tseu, fils du Ciel[7] [ou empereur], constituait une dignité; le titre de Koung, une autre; celui de Heou, une autre; celui de Pe, une autre; celui de Tseu ou Nan, une autre: en tout, pour le même ordre, cinq degrés ou dignités[8].

Le titre de prince (kiun) constituait une dignité d'un autre ordre; celui de président des ministères (king), une autre; celui de premier administrateur civil d'une ville (ta-fou), une autre; celui de lettré de premier rang (chang-sse), une autre; celui de lettré de second rang (tchoung-sse), une autre; celui de lettré de troisième rang (hia-sse), une autre: en tout, pour le même ordre, six degrés.

Le domaine constitué du fils du Ciel[9] était un territoire carré de mille li détendue sur chaque côté[10]; les Koung et les Heou avaient chacun un domaine de cent li d'étendue en tous sens; les Pe en avaient un de soixante et dix li; les Tseu et les Nan, de cinquante li: en tout quatre classes. Celui qui ne possédait pas cinquante li de territoire ne pénétrait pas [de son propre droit][11] jusqu'au fils du Ciel. Ceux qui dépendaient des Heou de tous rangs étaient nommés Fou-young ou vassaux.

Le domaine territorial que les King, ou présidents des ministères, recevaient de l'empereur, était équivalent à celui des Heou; celui que recevaient les Ta-fou, commandants des villes, équivalait à celui des Pe; celui que recevaient les Youan-sse (ou Chang-sse), lettrés de premier rang, équivalait à celui des Tseu et des Nan.

Dans les royaumes des grands dont le territoire avait cent li d'étendue en tous sens[12], le prince [ou le chef, Koung et Heou] avait dix fois autant de revenus que les King, ou présidents des ministères; les présidents des ministères, quatre fois autant que les Ta-fou, ou premiers administrateurs des villes; les premiers administrateurs des villes, deux fois autant que les Chang-sse, ou lettrés de premier rang; les lettrés de premier rang, deux fois autant que les Tchoung-sse, ou lettrés de second rang; les lettrés de second rang, deux fois autant que les Hia-sse, ou lettrés de troisième rang. Les lettrés de troisième rang avaient les mêmes appointements que les hommes du peuple qui étaient employés dans différentes magistratures. Ces appointements devaient être suffisants pour leur tenir lieu des revenus agricoles qu'ils auraient pu se procurer en cultivant la terre.

Dans les royaumes de second rang dont le territoire n'avait que soixante et dix li d'étendue en tous sens, le prince [ou le chef, Pe] avait dix fois autant de revenus que les King, ou présidents des ministères; les présidents des ministères, trois fois autant que les premiers administrateurs des villes; les premiers administrateurs des villes, deux fois autant que les lettrés de premier rang; les lettrés de premier rang, deux fois autant que les lettrés de second rang; les lettrés de second rang, deux fois autant que les lettrés de troisième rang. Les lettrés de troisième rang avaient les mêmes appointements que les hommes du peuple qui étaient employés dans différentes magistratures. Ces appointements devaient être suffisants pour leur tenir lieu des revenus agricoles qu'ils auraient pu se procurer en cultivant la terre.

Dans les petits royaumes dont le territoire n'avait que cinquante li d'étendue en tous sens, le prince [ou chef, Tseu et Nan] avait dix fois autant de revenus que les présidents des ministères; les présidents des ministères, deux fois autant que les premiers administrateurs des villes; les premiers administrateurs des villes, deux fois autant que les lettrés du premier rang; les lettrés du premier rang, deux fois autant que les lettres du second rang; les lettrés du second rang, deux fois autant que les lettrés du troisième rang. Les lettrés du troisième rang avaient les mêmes appointements que les hommes du peuple qui étaient employés dans différentes magistratures. Ces appointements devaient être suffisants pour leur tenir lieu des revenus agricoles qu'ils auraient pu se procurer en cultivant la terre.

Voici ce que les laboureurs obtenaient des terres qu'ils cultivaient. Chacun d'eux en recevait cent arpents [pour cultiver]. Par la culture de ces cent arpents, les premiers ou les meilleurs cultivateurs nourrissaient neuf personnes; ceux qui venaient après en nourrissaient huit; ceux de second ordre en nourrissaient sept; ceux qui venaient après en nourrissaient six. Ceux de la dernière classe, ou les plus mauvais, en nourrissaient cinq. Les hommes du peuple qui étaient employés dans différentes magistratures recevaient des appointements proportionnés à ces différents produits.

3. Wen-tchang fit une question en ces termes: Oserais-je vous demander quelles sont les conditions d'une véritable amitié?

MENG-TSEU dit: Si vous ne vous prévalez pas de la supériorité de votre âge, si vous ne vous prévalez pas de vos honneurs, si vous ne vous prévalez pas de la richesse et de la puissance de vos frères, vous pouvez contracter des liens d'amitié. Contracter des liens d'amitié avec quelqu'un, c'est contracter amitié avec sa vertu. Il ne doit pas y avoir d'autre motif de liaison d'amitié.