Koung-tou-tseu dit: Nous devons tirer de notre propre cœur le sentiment de respect que nous portons aux autres; c'est pourquoi il l'appelle intérieur.

—Si un homme du village est d'une année plus âgé que mon frère aîné, lequel devrai-je respecter?

—Vous devez respecter votre frère aîné.

—Si je leur verse du vin à tous deux, lequel devrai-je servir le premier?

—Vous devez commencer par verser du vin à l'homme du village.

—Si le respect pour la qualité d'aîné est représenté dans le premier exemple, et la déférence ou les égards dans le second, l'un et l'autre consistent réellement dans un sujet extérieur et non intérieur.

Koung-tou-tseu ne sut que répondre. Il fit part de son embarras à MENG-TSEU. MENG-TSEU dit: Demandez-lui auquel, de son oncle ou de son frère cadet, il témoigne du respect; il vous répondra certainement que c'est à son oncle.

Demandez-lui si son frère cadet représentait l'esprit de son aïeul[2] [dans les cérémonies que l'on fait en l'honneur des défunts], auquel des deux il porterait du respect; il vous répondra certainement que c'est à son frère cadet.

Mais si vous lui demandez quel est le motif qui lui fait révérer son frère cadet plutôt que son oncle, il vous répondra certainement que c'est parce que son frère cadet représente son aïeul.

Vous, dites-lui aussi que c'est parce que l'homme du village représentait un hôte, qu'il lui devait les premiers égards. C'est un devoir permanent de respecter son frère aîné; ce n'est qu'un devoir accidentel et passager de respecter l'homme du village.