Ki-tseu, après avoir entendu ces paroles, dit: Devant respecter mon oncle, alors je le respecte; devant respecter mon frère cadet, alors je le respecte: l'une et l'autre de ces deux obligations sont constituées réellement dans un sujet extérieur et non intérieur.
Koung-tou-tseu dit: Dans les jours d'hiver, je bois de l'eau tiède; dans les jours d'été, je bois de l'eau fraîche. D'après cela, l'action de boire et de manger résiderait donc aussi dans un sujet extérieur?
6. Koung-tou-tseu dit: Selon Kao-tseu, la nature [dans les commencements de la vie][3] n'est ni bonne ni mauvaise.
Les uns disent: La nature peut devenir bonne, elle peut devenir mauvaise. C'est pourquoi, lorsque Wen et Wou apparurent, le peuple aima en eux une nature bonne; lorsque Yeou et Li apparurent, le peuple aima en eux une nature mauvaise.
D'autres disent: Il est des hommes dont la nature est bonne, il en est dont la nature est mauvaise. C'est pourquoi, pendant que Yao était prince, Siang n'en existait pas moins; pendant que Kou-seou était mauvais père, Chun n'en existait pas moins. Pendant que Cheou-(sin) régnait comme fils du frère aîné [de la famille impériale], existaient cependant aussi Weï-tseu-ki et Pi-kan, de la famille impériale.
Maintenant vous dites: La nature de l'homme est bonne. S'il en est ainsi, ceux [qui ont exprimé précédemment une opinion contraire] sont-ils donc dans l'erreur?
MENG-TSEU dit: Si l'on suit les penchants de sa nature, alors on peut être bon. C'est pourquoi je dis que la nature de l'homme est bonne. Si l'on commet des actes vicieux, ce n'est pas la faute de la faculté que l'homme possède [de faire le bien].
Tous les hommes ont le sentiment de la miséricorde et de la pitié; tous les hommes ont le sentiment de la honte et de la haine du vice; tous les hommes ont le sentiment de la déférence et du respect; tous les hommes ont le sentiment de l'approbation et du blâme.
Le sentiment de la miséricorde et de la pitié, c'est de l'humanité; le sentiment de la honte et de la haine du vice, c'est de l'équité; le sentiment de la déférence et du respect, c'est de l'urbanité; le sentiment de l'approbation et du blâme, c'est de la sagesse. L'humanité, l'équité, l'urbanité, la sagesse, ne sont pas fomentées en nous par les objets extérieurs; nous possédons ces sentiments d'une manière fondamentale et originelle: seulement nous n'y pensons pas.
C'est pourquoi l'on dit: «Si vous cherchez à éprouver ces sentiments, alors vous les éprouverez; si vous les négligez, alors vous les perdez.»