Cela signifie qu'il nous a rassasiés d'humanité et d'équité. C'est pourquoi le sage ne désire pas se rassasier de la saveur de la chair exquise ou du millet. Une bonne renommée et de grandes louanges deviennent son partage; c'est ce qui fait qu'il ne désire pas porter les vêtements brodés.

18. MENG-TSEU dit: L'humanité subjugue l'inhumanité, comme l'eau subjugue ou dompte le feu. Ceux qui de nos jours exercent l'humanité sont comme ceux qui, avec une coupe pleine d'eau, voudraient éteindre le feu d'une voiture chargée de bois, et qui, voyant que le feu ne s'éteint pas, diraient: «L'eau ne dompte pas le feu.» C'est de la même manière [c'est-à-dire aussi faiblement, aussi mollement] que ceux qui sont humains aident ceux qui sont arrivés au dernier degré de l'inhumanité ou de la perversité à dompter leurs mauvais penchants.

Aussi finissent-ils nécessairement par périr dans leur iniquité.

19. MENG-TSEU dit: Les cinq sortes de céréales sont les meilleurs des grains; mais, s'ils ne sont pas arrivés à leur maturité, ils ne valent pas les plantes Thi et Paï. L'humanité [arrivée à sa perfection] réside aussi dans la maturité, et rien de plus.

20. MENG-TSEU dit: Lorsque Y [l'habile archer] enseignait aux hommes à tirer de l'arc, il se faisait un devoir d'appliquer toute son attention à tendre l'arc. Ses élèves aussi devaient appliquer toute leur attention à bien tendre l'arc.

Lorsque Ta-thsiang[20] enseignait les hommes [dans un art], il se faisait un devoir de se servir de la règle et de l'équerre. Ses apprentis devaient aussi se servir de la règle et de l'équerre.

[1] Par le mot seng, vie, dit Tchou-hi, «il désigne ce par quoi l'homme et les autres êtres vivants connaissent, comprennent, sentent et se meuvent.»

[2] Weï-chi; littéralement, faire le mort.

[3] Glose.

[4] Ode Tching-min, section Ta-ya.