12. Il faut sacrifier aux ancêtres comme s'ils étaient présents; il faut adorer les esprits et les génies comme s'ils étaient présents. Le Philosophe dit: Je ne fais pas les cérémonies du sacrifice comme si ce n'était pas un sacrifice.
13. Wang-sun-kia demanda ce que l'on entendait en disant qu'il valait mieux adresser ses hommages au génie des grains qu'au génie du foyer. Le Philosophe dit: Il n'en est pas ainsi; dans cette supposition, celui qui a commis une faute envers le ciel[19] ne saurait pas à qui adresser sa prière.
14. Le Philosophe dit: Les fondateurs de la dynastie des Tchcou examinèrent les lois et la civilisation des deux dynasties qui les avaient précédés; quels progrès ne firent-ils pas faire à cette civilisation! Je suis pour les Tcheou.
15. Quand le Philosophe entra dans le grand temple, il s'informa minutieusement de chaque chose; quelqu'un s'écria: Qui dira maintenant que le fils de l'homme de Tséou[20] connaît les rites et les cérémonies? Lorsqu'il est entré dans le grand temple, il s'est informé minutieusement de chaque chose! Le Philosophe ayant entendu ces paroles, dit: Cela même est conforme aux rites.
16. Le Philosophe dit: En tirant à la cible, il ne s'agit pas de dépasser le but, mais de l'atteindre; toutes les forces ne sont pas égales; c'était là la règle des anciens.
17. Tseu-koung désira abolir le sacrifice du mouton, qui s'offrait le premier jour de la douzième lune. Le Philosophe dit: Sse, vous n'êtes occupés que du sacrifice du mouton; moi je ne le suis que de la cérémonie.
18. Le Philosophe dit: Si quelqu'un sert (maintenant) le prince comme il doit l'être, en accomplissant les rites, les hommes le considèrent comme un courtisan et un flatteur.
19. Ting (prince de Lou) demanda comment un prince doit employer ses ministres, et les ministres servir le prince. KHOUNG-TSEU répondit avec déférence: Un prince doit employer ses ministres selon qu'il est prescrit dans les rites; les ministres doivent servir le prince avec fidélité.
20. Le Philosophe dit: Les modulations joyeuses de l'ode Kouan-tseu n'excitent pas des désirs licencieux; les modulations tristes ne blessent pas les sentiments.
21. Ngaï-koung (prince de Lou) questionna Tsaï-ngo, disciple de KHOUNG-TSEU, relativement aux autels ou tertres de terre érigés en l'honneur des génies. Tsaï-ngo répondit avec déférence: Les familles princières de la dynastie Hia érigèrent ces autels autour de l'arbre pin; les hommes de la dynastie Yn, autour des cyprès; ceux de la dynastie Tcheou, autour du châtaignier: car on dit que le châtaignier a la faculté de rendre le peuple craintif[21].