Il est intéressant de constater que nous sommes amené par cette étude botanique à une conclusion analogue à une de celles de la partie géologique de ce travail à laquelle amènent également les études zoologiques, à savoir la croyance à un passé plus humide, notamment plus humide dans les régions du Sahara arabe comme dans celles du Massif Central Saharien[65].
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L’étude des arbres et arbustes du pays targui, que je viens de faire, m’a permis une mise au point des caractéristiques générales de sa flore.
Dès lors un examen détaillé du reste de cette flore pourrait paraître fastidieux.
Si j’envisage l’éventualité d’en publier une étude, j’estime qu’elle n’aurait pas de raison d’être ici, dans ce travail destiné surtout à des mises au point plutôt synthétiques.
Du pâturage dans le Massif Central Saharien.
De l’élevage targui.
Dans le Massif Central Saharien, le chameau se nourrit principalement d’Arta[66], de Chobrok[67], de Guetof, de Had, de Drinn, de Mourkba[68], d’un sous-arbrisseau à tiges et feuilles velues qui pousse dans la montagne, de Nessi, de Chgar, de Krom, de Girgir, de Chereg, de Kach, de Chaliate, de Rabié, de Lehema et autres plantes d’Acheb dont un Rumex (R. vesicarius E. L.).
Les Touareg distinguent plusieurs variétés de pâturages par des mots spéciaux.
A part l’Arta, spécialité en général des grands et larges oueds sablonneux et des « mader », et qui a son moment, le Had, localisé dans les sables, le Drinn que l’on trouve dans les sables et dans certains « mader » ensablés et qui est souvent réservé pour la récolte de son grain, le Guetof des fonds de vallées argileuses et salées, le Chobrok limité aux lits des oueds, qui résiste un certain temps à la sécheresse, mais n’est réellement très apprécié du chameau qu’aux alentours de sa floraison, le Mourkba et le Nessi qui se maintiennent en touffes sèches longtemps, mais alors ne constituent plus qu’un maigre pâturage (à moins que le Mourkba ne porte ses graines), le chameau se nourrit principalement dans le Massif Central Saharien de plantes éphémères qui suivent la pluie, de pâturage vert d’Acheb.
Nous n’avons plus en pays targui en général ces vastes étendues de Salsolacées, ces vastes pâturages quasi permanents, qui en Sahara arabe permettaient de ne pas être lié étroitement au point de vue pâturage, à la pluie, ce qui en été était fort précieux.