Ni la blancheur souvent éclatante de leur teint (qu’elles défendent jalousement contre les ardeurs du soleil, hors de leurs tentes, par d’immenses chapeaux et des poudres ocrées) ;

Ni leurs mains, que de foi ! longues et fines comme il en est peu ;

Ni l’ovale parfois si pur de leur visage ;

Ni leurs lèvres généralement voluptueusement dessinées ;

Ni, enfin, surtout, leurs yeux, tour à tour de velours et de feu, caressants et brûlants, qui tantôt langoureusement vous prennent, vous enferment dans l’ombre intime et tendre de leurs longs cils et grands sourcils noirs, tantôt soudainement vous embrasent comme de traits enflammés lancés par des arcs d’ébène.

Je circule ainsi dans l’Atakor, le Briri, le Tifedest, l’Oudan.

Parfois je n’ai plus de vivres pour subsister, je dois manger des racines amères ou du berdi, sorte de jonc sucré, ou encore me rationner à quelques dattes par jour.

Parfois le point d’eau est loin encore et c’est une lutte continuelle pour prudemment économiser l’eau, ne boire que quand la langue devient pâteuse et se colle au palais... ce qui arrive vite d’ailleurs avec la chaleur...

Parfois, je dois forcer les étapes et je passe seize à dix-huit heures de suite sur mon brave mehari « Ilaman », luttant contre la fatigue, contre mes yeux qui cherchent à se fermer.

Parfois je rencontre des traces inquiétantes et c’est l’anxiété pendant quelques heures, anxiété particulièrement grande quand c’est à l’approche d’un point d’eau nécessaire.