Dans le cirque, assez haut, se trouve un beau tombeau anté-islamique, peut-être signal en même temps, et, non loin de lui, un trou dans le rocher, une fente profonde avec de l’eau peuplée de crustacés (Branchipus) ; si l’abankor du bas du cirque est certainement un point d’eau permanent, cet autre point d’eau ne l’est peut-être pas.
Je monte au sommet du Tellerteba ; mon altimètre marque 2.100. L’ascension est longue. Je laisse près du sommet un flacon fermé à l’émeri avec un parchemin et la date de mon passage.
Vers le sommet j’observe la présence de sous-arbrisseaux à odeur résineuse et aromatique ; malheureusement pendant mon retour les rameaux que j’en avais gardé se sont perdus.
Serait-ce ce que l’on a signalé comme genévrier — au-dessus de 2.000 mètres — dans l’Atakor ?
Je redescends par un ravin vertigineux vers le bas duquel se trouve un Aleo.
Les traces de mouflons sont nombreuses, et certains petits mechbeds doivent être leur œuvre, comme sur le reg on trouve souvent des mechbeds de gazelles.
Je sors du cirque par un épaulement au Sud de l’entaille de l’oued, car cette entaille, semée de hautes cascades, est impraticable ; je suis tout surpris de trouver, pour gagner la plaine à partir de cet épaulement, un mechbed pour chameaux, dessinant une descente compliquée et vertigineuse dans les rochers.
Ce Tellerteba paraît donc bien une forteresse de pillards, ainsi que mes renseignements l’indiquaient, et son cirque est en effet un poste de guerre naturel admirable : on peut s’y dissimuler avec ses chameaux, y tenir longtemps puisqu’il y a point d’eau et pâturages, et l’accès peut en être facilement défendu.
Du Tellerteba on peut surveiller la route du sel, de Tisemt, et piller toute caravane qui s’y aventure.
Je comprends la mauvaise réputation de cette belle montagne, qu’elle partage avec l’Ounan à son Nord-Est.