Le 14, par une marche Est-Ouest dans la plaine de l’Amadror, après avoir traversé des étendues jonchées d’innombrables grenats provenant de la démolition de micaschistes, nous gagnons l’oued Oidenki-Amorelli, où nous campons au milieu de buttes à Etels, dans un pâturage de Guetof et de Drinn.

Le 15, nous quittons la plaine de l’Amadror pour suivre la large vallée de l’oued Inouaouen. D’abord point de végétation, puis, contre le massif du Tala-Malet, nous trouvons de très beaux Telehs, Agars, Kerenkas et du pâturage.

Là, une très belle mosquée targuia ; l’enceinte, très grande, en est faite avec de grosses pierres et représente un gros travail.

Je fais une incursion dans le massif de Tala-Malet, pour reconnaître si l’intérieur de ce massif possède des points d’eau, ainsi qu’on me l’a dit, puis nous continuons à suivre l’oued Inouaouen jusqu’au col, à 1.300 mètres, où nous campons au milieu d’Arta, près d’un ancien camp de la colonne Charlet, dont les défenses sont très bien conservées.

Beaucoup de Chihe[95].

Le 16, nous traversons successivement l’oued Tadjeret, l’oued Terressoutin, et nous campons dans l’oued Telouhat, au milieu de magnifiques bouquets d’Etels, peut-être les plus beaux que j’aie vus.

Nous trouvons là des Eitlohen ; ils ont quitté la région du Tellerteba précipitamment il y a peu, craignant, disent-ils, un rezzou de Touareg de l’Ajjer (?!).

Le 17, nous suivons l’oued Terrinet jusqu’à un important marécage avec Taheli (T) (Berdi [A] ; Typha angustifolia ?). Vallée charmante, avec ses colonnades de basaltes et sa belle végétation. Nombreux redjems ; certains, en forme de petits dolmens, semblent indiquer les abankors ; tous ces redjems, comme je l’ai déjà dit, on leur langage, mais je ne suis pas encore assez sûr de leur interprétation pour la donner ici.

Quoi qu’il en soit, quand on a vu ces redjems, ces tombeaux, ces mosquées touareg, ces monuments lithiques divers qui jalonnent les principales routes de nomadisme au Sahara, on comprend mieux les monuments mégalithiques de France dont certains devaient être ainsi des redjems jalonnant les grandes routes de nomadisme ou de commerce d’alors, d’autres aussi des lieux, des enceintes sacrés, d’autres, enfin, des tombeaux.

Puis nous quittons l’oued Telouhat et marchons vers le Nord-Ouest, en montant sur le plateau volcanique d’où émerge par endroits le Cristallin et que surmontent des volcans. Nous passons un col et apercevons Idelès et ses palmiers, dominé par la belle gara Taderaz.