Du 24 au 1er mai, repos forcé à cause de mon état de santé.
Certains de mes Touareg également sont malades ou blessés ; et j’ai ainsi l’occasion de voir des femmes touareg dans le rôle de médecin ; car ce sont, en pays targui, les femmes qui connaissent les vertus des simples et l’art de guérir.
Pour les blessures elles font usage en particulier d’applications de plantes, principalement de cédrat ; en médecine générale elles font grand usage de la saignée et de sortes de cornets avec lesquels elles tirent du sang en des endroits choisis, particulièrement à la nuque ; ces cornets jouent un peu le rôle de ventouses scarifiées ; elles mettent aussi des applications de crottin sur les tempes ; elles connaissent les propriétés laxatives du senné (qui pousse en terre d’Ahaggar), etc., etc.
Les 2, 3, 4 et 5, raid au Tahihaout, par Tounourt Tin-Tedjert, l’oued Arami, Tihoubar (source avec vrais roseaux [Phragmites communis]), l’oued Ti-Gamahen et l’oued In-Tmanahen (point d’eau permanent et aguelmam).
Tuons des mouflons.
C’est la chasse préférée des Touareg que celle du mouflon (ils méprisent la chasse à la gazelle, dans laquelle excellent par contre les Arabes).
Quand le Targui part pour chasser, il cherche à ne pas être vu ; cela porte malheur ainsi que les souhaits ; et à son retour il vous fait les honneurs de la bête en vous apportant sa tête avec la queue coupée mise entre les dents.
Le mouflon séché, boucané, est un des éléments constitutifs de leurs réserves de vivres ; ils en font également le commerce ; du poil des manchettes, ils font des cordes très résistantes, ainsi que des chasse-mouches de nobles seigneurs ; des cornes, quand elles sont grandes, des récipients pittoresques.
Le mouflon est considéré, semble-t-il, comme un des produits des terrains de parcours et, comme tel, la chasse n’en semble admise pour les tribus que sur leurs propres terrains de parcours.
Nous rencontrons de nombreuses mosquées à la manière targuia et un tombeau de marabout.