La gara Krima est au loin devant nous qui émerge fièrement de la brume ; c’est la célèbre gara chère aux Chamba d’Ouargla, qu’ils salueront de mille démonstrations de joie dès qu’ils la verront poindre à l’horizon au retour.
Au bas de la gara Krima se trouvent les ruines de Sedrata, ancienne ville des Berbères (?) devenus les Mzabites par la suite, que ceux-ci, éternels persécutés à cause de leur richesse et de leur hérésie, durent fuir comme ils avaient abandonné Tiaret, pour se réfugier finalement dans les plateaux inhospitaliers du Mzab, où ils ont créé, à force de persévérance et d’efforts, les nombreuses villes dans lesquelles vivent leurs femmes, où se trouvent leurs foyers qu’ils visitent quand leur vie de commerçants le permet, et que gouverne une oligarchie religieuse de prêtres : les Tolbas.
La gara Krima est un plateau escarpé d’accès difficile et de défense facile. C’était sans doute autrefois un refuge en cas de danger.
Un puits fut creusé sur ce plateau ; ainsi les populations qui s’y réfugiaient étaient sûres de n’y pas mourir de soif.
Les nombreux instruments de pierre taillée qu’on y trouve montrent l’antique importance, au point de vue humain, de la gara Krima.
Dans le fond salé que domine la gara Krima, on trouve une végétation d’arbustes Zita.
Nous quittons ce fond à Zita pour monter sur un plateau, en laissant la gara Krima à gauche et la gara Teho à droite.
La surface du plateau est tachée de touffes de Bel-Bel.
Le 16 janvier. — Le matin, au départ, il y a un épais brouillard, et c’est un spectacle curieux que les chameaux se dessinant brusquement dans ce voile quand ils approchent de vous : on dirait une apparition apocalyptique.
Nous cheminons dans la plaine de Tarfaia.