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On avait tout d’abord, à la suite des découvertes de la Mission Flatters, rattaché les plissements propres aux Schistes cristallins, qui apparaissent au Sud des Tassilis, aux plissements calédoniens.

Puis, les découvertes des Schistes du Tindesset par la Mission Foureau-Lamy, considérés comme de la fin de l’Ordovicien, des Schistes d’El-Khenig, par le Capitaine Cottenest, considérés comme gothlandiens, avaient jeté quelque trouble dans les idées admises jusque-là sur la date de ces mouvements.

Les conditions de gisement de ces Schistes à Graptolithes n’ayant pu être éclaircies, on avait admis soit que ces schistes appartenaient à une partie non métamorphisée de l’ensemble des formations qui, métamorphisées, avaient donné les Schistes cristallins, — et alors l’hypothèse calédonienne restait absolument acceptable — soit que ces Schistes à Graptolithes considérés tous comme siluriens supérieurs, étaient à la base du complexe gréso-argileux dévonien, et alors il fallait admettre que les plissements qui avaient intéressé les Schistes cristallins et qui leur étaient propres étaient antérieurs à certains mouvements calédoniens typiques.

Mais, par suite de l’incertitude régnant en Ecosse sur la question de savoir si le Silurien supérieur avait été intéressé par les mouvements calédoniens, on avait voulu y voir les premiers mouvements calédoniens. C’est cette dernière opinion qui était celle de Suess qui déclarait qu’on ne saurait prétendre que les Saharides ne se révèleraient pas quelque jour comme le prolongement des Calédonides.

Ces plissements propres aux Schistes cristallins de l’Ahaggar furent dénommés Saharides par Suess, en attendant que des explorations ultérieures permettent de les rattacher avec certitude aux Calédonides.

Maintenant que nous avons étudié les relations des Schistes argileux à Graptolithes avec les Schistes cristallins, nous pouvons déclarer que les Schistes cristallins ont été plissés avant le Silurien — et vraisemblablement avant le Cambrien.

La possibilité de réaliser les espoirs de Suess et de rattacher les Saharides aux mouvements calédoniens est donc écartée à tout jamais.

Ces mouvements sont trop antérieurs aux mouvements calédoniens.

Et nous croyons pouvoir admettre que les mouvements les plus récents qui ont plissé les Schistes cristallins avant le dépôt en discordance dessus de la couverture tassilienne, sont algonkiens, et faisons toutes les réserves sur l’existence de mouvements antérieurs (discordance de l’In Kaoukan ?) intéressant une partie des Schistes cristallins, qui peut être mise en lumière un jour par l’étude approfondie du Pays cristallin.