Ainsi, les Saharides (pour conserver l’appellation de Suess) sont algonkiennes.
C’est là un des résultats de notre mission dont nous sommes fier que la démonstration de l’existence d’un « Faîte saharien » algonkien, comparable au « Bouclier canadien »[39], au « Faîte sibérien » et au « Bouclier baltique ».
Etudions maintenant les plissements eux-mêmes.
Tout d’abord, il convient de faire remarquer que l’état actuel de plissement des Schistes cristallins est le résultat de mouvements complexes.
Il est possible que pour certains des Schistes cristallins, les mouvements algonkiens se soient déjà superposés à d’autres antérieurs (discordance de l’In Kaoukan ?).
D’autre part, les Schistes cristallins plissés par les mouvements algonkiens ont sans doute été repris (la partie voisine de l’Enceinte tassilienne tout au moins) par les plissements postérieurs que nous avons décrits dans l’Enceinte tassilienne et qui ont déterminé l’allure festonnée de cette enceinte, par le découpage des régions anticlinales provoquant des avancées du Pays cristallin.
On ignore même si ces mouvements qui ont plissé l’Enceinte tassilienne n’ont pas eu une grande ampleur dans l’Ahaggar, et si cet Ahaggar ne présente pas actuellement le résultat de la mise à nu du Cristallin par décapage d’un vaste bombement d’âge alpin (?) ridé sensiblement Nord-Sud, avec tendance vers une direction Nord-Nord-Ouest-Sud-Sud-Est (les rides les plus accentuées se trouvant vers l’Ouest), par les mouvements hercyniens ou calédoniens (?) ou hercyniens et calédoniens (?) qui ont agité l’Enceinte tassilienne.
Ce dôme qui est décapé maintenant de sa couverture primaire pouvait même être une région de violents plissements primaires et les régions anticlinales de l’Enceinte tassilienne, dont nous avons esquissé les traits, ne représenteraient peut-être que les terminaisons mourantes vers le Nord des vastes rides de ce dôme qui, dans les régions ahaggariennes auraient été beaucoup plus accentuées, allant peut-être jusqu’au déversement et même à des nappes de charriage[40].
Cette hypothèse n’a rien d’impossible :
L’Enceinte tassilienne avec son pendage vers la périphérie se présente bien comme les bords d’un vaste bombement arasé et sa disposition en guirlandes paraît bien être le résultat du décapage d’un dôme plissé de rides sub-méridiennes (avec une tendance vers une direction Nord-Nord-Ouest-Sud-Sud-Est).