7º Enfin, que le Cardium edule L. est abondant dans certains dépôts pléistocènes.

On a déclaré que le Cardium edule L. n’apportait ici aucune certitude.

Evidemment, c’est un mollusque qui s’adapte à des milieux très variés.

Dans la dépression qui suit le bord Sud de la Hamada de Tinghert, près de Temassinin, dont il sera parlé plus loin, dépression qui échappe pour le moment, par sa situation géographique et son altitude (370 m.), à l’hypothèse d’avoir été, au Pléistocène, une dépression marine ou en étroit voisinage avec la mer, j’ai rencontré en abondance Corbicula saharica P. Fischer, Melania tuberculata Mâll., mais pas de Cardium edule.

D’autre part, Flamand dit lui-même qu’il ne connaît pas de gisements de Cardium edule dans le haut pays oranais. Il déclare que les dépôts à Cardium edule sont les termes ultimes à l’aval des dépôts des oueds pléistocènes vers les Chotts constantinois d’une part, et vers le Bas-Touat, le Djouf-Taoudenni, d’autre part.

Comment se fait-il, s’il est vrai que le Cardium edule a pu vivre dans des nappes d’eau n’ayant jamais eu aucun passé marin, aucune connexion avec la mer ou aucun étroit voisinage laguno-marin, comment se fait-il qu’il ne se trouve pas au Sahara, répandu d’une façon générale à l’état fossile, là justement où on peut être à peu près sûr que ce cas fut réalisé et qu’il se trouve constamment en abondance à l’état fossile là précisément où il peut y avoir discussion ?[6].

Quelle raison donner de cette absence en gros ?

Il est curieux d’autre part de constater, s’il est vrai que le Cardium edule vivait alors dans des espèces de chotts sans liaison avec la mer, que ce mollusque ne vit pas actuellement dans les chotts et nappes d’eau de l’intérieur.

Enfin, on ne doit pas oublier que dans les étangs du bord de la Méditerranée, en communication directe avec la mer, le Cardium edule vit souvent actuellement sans être associé à d’autres mollusques marins et qu’il vit généralement en nombre dans les seuls étangs en communication avec la mer.

En général, il semble donc que le Cardium edule ait nécessité, sinon toujours des eaux laguno-marines, du moins toujours un étroit voisinage laguno-marin qui n’est plus conservé dans certaines régions où on trouve actuellement le Cardium edule à l’état fossile[7].