Je conclus qu’on ne doit pas rejeter complètement pour le moment l’hypothèse d’un golfe lagunaire méditerranéen dans le Sahara sud-constantinois à la fin de l’époque pliocène et au début du Pléistocène, ni même également d’un golfe de l’Océan Atlantique vers le Bas-Touat, le Djouf et Taoudenni à la même époque[8].
La question est encore ouverte.
L’établissement d’une carte saharienne de répartition du Cardium edule arriverait peut-être à jeter un jour décisif sur cette question. En dressant cette carte, les Officiers du Sud rendraient un grand service.
De l’origine de la dépression Sud-Tinghert.
N’y aurait-il pas dans ces régions des dépressions pour le creusement desquelles on doit donner à l’action du vent un rôle essentiel ?
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Jusqu’à maintenant, on avait admis l’existence, dans le Sahara sud-constantinois, d’un immense oued, se formant dans les montagnes de l’Ahaggar pour finir dans l’Oued Rhir et le Chott Melrir après un cours de plus de 1.300 kilomètres : l’oued Igharghar.
Au cours de ma mission, j’ai fait au sujet de cet oued des observations troublantes :
D’une part :
a) A mon passage à Tanezrouft, j’ai constaté qu’en ce point où l’on fait traverser la Hamada de Tinghert par l’Igharghar, il y a bien un oued, mais qu’il coule du Nord vers le Sud, du Nord de la daia Tanezrouft à la daia Tanezrouft, au lieu de se diriger du Sud vers le Nord ;