Sur les bords de cet oued Tedjert, à Tin-ed’ness, deux coulées de ces basaltes des vallées sont superposées, la plus élevée est donc la plus récente.

Non loin de là, à l’Est de Tin-ed’ness, et à l’Ouest de la gara Maserof (en gneiss) une coulée plus élevée forme plateau.

Cette coulée semble plus ancienne que les deux précédentes, qui se trouvent en contrebas.

On peut donc distinguer dans la région de Tin-ed’ness trois phases dans l’activité volcanique.

Ces phases sont d’une époque antérieure à la présence de l’homme de l’âge de la pierre taillée dans ces régions. En effet :

A l’Est du point d’eau de Tin-ed’ness, dans des grottes qui se trouvent sur les flancs d’un cratère, nous avons fait la découverte en faisant une tranchée de fouille, de nombreux instruments de l’âge de la pierre taillée bien en place, de facture genre Tardenoisien, c’est-à-dire avec pièces microlithiques et géométriques[44].

(Ces instruments sont, semble-t-il, contemporains des tombes anté-islamiques à tumuli qui sont particulièrement abondantes dans les fonds de cratères, peut-être parce que quelque croyance religieuse s’attachait à ces entonnoirs infernaux et y voyait quelque rapport avec le noir séjour des morts.)

Ces grottes avaient donc été habitées par des populations préhistoriques comme elles l’ont été d’ailleurs souvent depuis par les Touareg ainsi qu’il ressort de l’abondance des ustensiles de touareg que l’on trouve abandonnés sur leur sol.

Ce volcan n’est peut-être pas le plus récent de la région de Tin-ed’ness. Près de là, se trouvent des volcans que leur état de conservation peut faire considérer comme postérieurs. Mais la proximité de ces derniers fait que l’habitat des grottes voisines lors de leur activité est peu vraisemblable.

Il ressort de cette observation que l’activité des volcans de l’Edjéré est antérieure à la présence des hommes de l’âge de la pierre taillée qui ont habité ces grottes.