«1o La parole de Dieu sera librement annoncée par les prêtres chrétiens dans le royaume de Bohême et le margraviat de la Moravie;
»2o Le sacrement vénérable du corps et du sang de Jésus-Christ sera administré, sous les deux espèces, aux adultes et aux enfants, comme le Christ l'a établi;
»3o Les prêtres et les moines, dont beaucoup s'occupent des affaires publiques, seront privés des biens temporels qu'ils possèdent en si grand nombre, et pour lesquels ils négligent leur sacré ministère. Leurs biens nous seront rendus, afin que, selon la doctrine de l'Évangile et la pratique des apôtres, le clergé nous soit soumis, vive dans la pauvreté et serve aux autres d'exemple d'humilité;
»4o Tous les péchés publics déclarés mortels et tous les délits contraires à la loi divine, seront punis suivant les lois du pays, par ceux qui y seront préposés, sans avoir égard à ceux qui les auront commis, pour qu'on ne puisse pas dire de la Bohême et de la Moravie qu'on y tolère les désordres.»
Cette diète, à laquelle beaucoup de catholiques avaient assisté, établit une régence composée de magnats et nobles, et de bourgeois: Ziska en faisait partie. Sigismond adressa à la diète un message où il promettait de confirmer leurs libertés, de réparer les torts dont ils se plaignaient justement, à condition qu'on le reconnût pour souverain: il les menaçait de la guerre en cas de refus. La diète répondit par une adresse qui montre combien étaient entré profondément, dans le cœur des Hussites, le sentiment de religion et de patriotisme. Voici ce dont ils se plaignaient:
«1o Votre Majesté, au grand déshonneur de notre pays, a laissé brûler maître Jean Huss, qui s'était rendu à Constance sur la foi de votre sauf-conduit.
»2o Tous les hérétiques qui s'écartent de la foi chrétienne, ont eu la liberté de s'expliquer au Concile de Constance; seul, notre noble compatriote n'a pas eu ce droit. En outre, pour aggraver l'offense faite à notre pays, vous avez fait brûler maître Jérôme de Prague, qui s'était rendu à Constance sous la même garantie de la foi publique que Jean Huss.
»3o Dans le même concile, à votre instigation, la Bohême a été proscrite et anathématisée. Le pape a lancé une bulle d'excommunication contre les Bohémiens, leurs prêtres et leurs prédicateurs, pour les faire périr.
»4o Votre Majesté a fait publier la même bulle à Breslau, pour exciter les haines contre la Bohême et causer la ruine de tout le royaume.
»5o Par cette publication, Votre Majesté a animé et soulevé contre nous tous les peuples vaincus, nous dénonçant des hérétiques déclarés.»