Aux termes du neuvième commandement, toute insulte, raillerie, flatterie ou tout mensonge, est considéré comme faux témoignage.
Par le dixième, ils entendent les mortifications de toutes les convoitises et de toutes les passions.
Ils complètent ainsi leur Confession de foi:
«Nous croyons que quiconque observera fidèlement les dix commandements de Dieu, sera sauvé; mais nous croyons aussi que, depuis la chute d'Adam, aucun homme ne saurait les accomplir par sa propre force. L'homme, pour devenir capable de bonnes œuvres et de fidélité aux commandements de Dieu, doit croire en Jésus-Christ, son fils unique.
»Cette loi pure, nécessaire pour notre salut, ne peut se puiser que dans la parole de Dieu seul. Nous croyons que le Verbe divin crée en nous cette foi, qui nous rend dignes de la grâce.»
En ce qui concerne le sacrement du baptême, ils disent:
«Bien que nous sachions que le Christ fut baptisé par Jean dans le fleuve du Jourdain, et que les Apôtres ont eux-mêmes conféré le baptême, notamment Philippe à l'eunuque, nous comprenons cependant par ce sacrement, non l'eau terrestre, qui purifie seulement le corps et non l'âme, mais l'onde vivifiante, qui est la foi absolue en Dieu et la soumission à sa parole sainte; car le Sauveur dit: «Quiconque croit en moi, son corps se changera en une source d'eau vive.» Et Jean-Baptiste dit: «Pour moi, je baptise d'eau, mais il y en a un au milieu de vous, que vous ne connaissez point, c'est celui qui baptise du Saint-Esprit.» Et Paul dit: «Le Christ ne m'a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer sa parole.» Nous entendons, en conséquence, par le sacrement du baptême, l'âme purifiée du péché par la foi, et la mort en nous-mêmes du vieil homme et de ses œuvres, pour revêtir à nouveau une vie pure et sainte. Bien qu'à la naissance d'un enfant nous lavions avec de l'eau les impuretés de son corps, ce n'est pas là le baptême à nos yeux. Quant à la sainte Cène, c'est une commémoration du Christ; mais les paroles de l'Évangile sont le pain spirituel de vie. L'homme ne se nourrit pas de pain seulement, mais de la parole de Dieu.
»L'esprit seul donne la vie. Il n'est donc pas nécessaire de recevoir le pain et le vin en substance.»
Il est très curieux que cette secte, dont la croyance brille d'un tel spiritualisme, se compose exclusivement de paysans illettrés, vivant au milieu d'une population plongée dans la superstition et presque idolâtre, comme cela se voit chez les sectaires de l'Église grecque, en Russie. Les ouvrages mystiques de l'écrivain allemand bien connu, Jung Stilling, qui ont été traduits en russe, sont très populaires parmi les Malakanes, qui croient, en général, au Millenium.
En 1833, l'un d'eux, appelé Terentius Belioreff, se mit à exhorter au repentir, annonçant que le Millenium commencerait dans trente mois, et il ordonna que les affaires et les travaux de tous genres, à l'exception des plus indispensables, fussent abandonnés, et que le peuple passât tout son temps en prières et en chants. Il se proclama le prophète Élie, envoyé pour annoncer la venue du Seigneur, pendant qu'Enoch, son compagnon, était chargé de la même mission dans l'Ouest. Il annonça le jour où il devait monter au ciel en présence de tous. Plusieurs milliers de Malakanes se réunirent de différentes parties de la Russie. Au jour convenu, il parut sur un char, ordonna à la foule de s'agenouiller, et alors, étendant les bras, il s'élança du char et mesura la terre de son corps.