[45]: Respublica Bohema, cap VI; p. 272.
[46]: Il y a plusieurs anecdotes caractéristiques sur l'esprit chevaleresque qui animait les Bohémiens sous Jean de Luxembourg. Ce monarque se préparait à marcher contre la Pologne: les nobles lui représentèrent que la constitution du pays les obligeait à rejoindre ses étendards à l'intérieur de la Bohême, mais non à le suivre au-delà des frontières. Il se contenta de répondre: «J'irai seul au combat, et je verrai qui de vous sera assez hardi, assez vil ou assez lâche pour ne pas suivre son roi.» Ces paroles firent cesser toute résistance.
Il arriva sur le champ de bataille de Crécy, lorsque les Français étaient déjà en déroute. Il était aveugle; ses suivants lui dirent où en était le combat, et l'invitèrent à se soustraire à un danger inutile. Le roi leur répondit en bohémien: «Toho Buh da ne bude, aby Kral czeski z bitwy utikal!» ce qui signifie: «J'en prends Dieu à témoin, on ne verra pas un roi de Bohême prendre la fuite!» Ces paroles inspirèrent la confiance à la petite troupe de Bohémiens qui l'accompagnait. Tous, se serrant autour de leur monarque aveugle, et résolus de mourir avec lui, se précipitèrent au milieu des Anglais, quoique sans espoir de succès ou de salut. Sept grands de Bohême et plus de deux cents cavaliers périrent en cette occasion.
[47]: Panslavisme et Germanisme, page 246, et Appendice H.
[48]: Tous les auteurs diffèrent sur le nombre des étudiants étrangers qui quittèrent l'Université de Prague en cette circonstance. Hagec le porte à 40,000, Lupacius à 44,000; Lauda, auteur contemporain, cité par Balbin, le réduit à 36,000, Dubravius à 24,000, Trithême et Cochléus descendent jusqu'à 2,000. Æneas Sylvius dit qu'ils étaient au nombre de 5,000; cette évaluation, donnée par le meilleur écrivain de son temps et qui fut contemporain de cet évènement, me paraît la plus voisine de la vérité.
[49]: Le pape Jean XXIII (Balthazar Cossa) était né à Naples, d'une famille noble quoique pauvre. Dans sa jeunesse, il fit le métier de pirate, puis entra dans les ordres, et sut si bien gagner la faveur du pape Boniface IX, qu'il fut créé par lui cardinal, et envoyé comme son légat à Bologne. Sa conduite était scandaleuse sous tous les rapports. Il réussit cependant à obtenir les bonnes grâces du pape Alexandre V, et à l'emporter, après sa mort, en 1410, sur Grégoire XII et Benoit XIII, qui se disputaient le siége pontifical. Jean avait convoqué le concile de Constance sur l'invitation de l'empereur Sigismond, et le concile se décida, aussitôt après sa réunion, à le déposer à cause de ses vices. Jean parvint à s'échapper de Constance et à se mettre sous la protection du duc d'Autriche. On le jugea par défaut, et on le déposa. Le concile requit le duc de lui livrer Jean, et le tint quelque temps prisonnier au château de Heidelberg. Plus tard il put se rendre en Italie, où Martin V, son successeur, le nomma doyen du sacré-collége. Il mourut en 1419.
[50]: L'original de cette protestation se trouve dans la bibliothèque de la faculté d'Édimbourg.
[51]: Voir mon Histoire de la réformation en Pologne, vol. 1, 62-64.
[52]: J'ai dit plus haut qu'il fut témoin oculaire de tout ce qui se passa, et que ce récit lui est surtout emprunté.
[53]: Ziska veut dire «le borgne.» Le Z se prononce comme le J français.