[54]: Le tronc de ce chêne resta debout jusqu'au commencement du XVIIIe siècle. Il fut bientôt après détruit à cause des forgerons des environs. Ils croyaient qu'une tranche enlevée à ce tronc, et attachée à leur marteau, avait la vertu de rendre leurs coups plus pesants. L'autorité ecclésiastique, pour mettre fin à cette pratique superstitieuse, fit couper ce qui restait du tronc et élever en son lieu une chapelle portant une inscription qui déclarait qu'à cet endroit était né l'hérétique Ziska, de triste mémoire.

[55]: M. Bonnechose, en reproduisant cette lettre célèbre (les Réformateurs avant la réformation, vol. II, p. 287 de la traduction en anglais), en a omis les traits les plus caractéristiques, tels que les allusions aux deux nations bohémienne et allemande. Cette lettre que Lenfant (Histoire des Hussites, vol. I, p. 103) a traduite de l'ouvrage de Théobald, a été publiée dans la langue originale avec une traduction allemande dans le premier volume de Neue Abhandlungen der Prager Gesellschaft.

[56]: Les historiens protestants et catholiques élèvent à cinq cent cinquante le nombre de ces couvents et de ces églises.

[57]: Pierre Payne était né dans le comté de Lincoln, à Haugh ou Hough, à trois milles de Grantham. Il étudia à Oxford dans Edmund's Hall, dont plus tard il devint le principal (1410-1415). On ne peut indiquer avec précision l'époque où il vint en Bohême; il jouit d'une grande réputation parmi les Hussites. Lenfant nous le montre comme un homme d'un profond savoir, qui s'occupa d'éclaircir les passages obscurs des écrits de Wiclef. Voici ce qu'en dit Cochlée, écrivain catholique romain: «Petrus Payne, ingeniosus magister Oxoniensis, qui articulos Wiclephi et libros ejus punctatim et seriatim deduxit, et suis opusculis pestiferis imposuit, arte inferiores sed veneno pervicaciores; quæ Wicleph obscure posuit, iste explanavit; ipse suo pravo ingenio non solum erat Wiclephi errorum doctor sed approbator et auctor, augmentator et promulgator, hujus purissimi regni Bohemiæ primarius et perniciosissimus infector et destructor. Taboritis maxime favebat, sectator Wiclephi obstinacissimus, Pragam cum libris ejus profugit.» Cochlée se trompe en accusant Payne d'avoir le premier infecté la Bohême. Bien avant qu'il y vînt, les ouvrages de Wiclef y étaient répandus. On croit qu'il mourut à Prague en 1455.

[58]: La ressemblance entre les langues polonaise et bohémienne, si grande encore, l'était bien plus jadis. L'auteur de cet ouvrage a lu plusieurs ouvrages de Jean Huss, et tous, sauf quelques mots, sont aussi facilement entendus d'un Polonais que s'ils étaient écrits dans sa propre langue.

[59]: La Lithuanie, réunie à la Pologne par le mariage de Jagellon, avait pour bornes, au XVe siècle, à l'Est, la rivière Ougra près de Kalouga, et comprenait la ville de Viazma, distante de Moscou de 150 milles anglais. Au Sud, elle touchait aux rivages de la mer Noire, entre les embouchures du Dnieper et du Dniester.

[60]: Une tradition vulgaire rapporte qu'à son lit de mort, il ordonna de faire un tambour avec sa peau, pour qu'à ce son les ennemis tremblassent de frayeur, et de jeter son corps en pâture aux animaux sauvages et aux oiseaux, aimant mieux être dévoré par eux que par les vers. On ajoute que ses demandes furent accomplies. Il y avait même à Prague un vieux tambour que on prétendait être fait avec la peau de Ziska. Mais quand les Prussiens l'eurent enlevé à la prise de Prague par Frédéric II, en 1744, les Bohémiens prétendirent que cette tradition n'avait aucun fondement. Elle est, en effet, de l'invention la plus absurde, et rien chez les écrivains contemporains ne la justifie.

[61]: L'usage de faire avec des charrettes des remparts mouvants, ou, comme on dit maintenant, des barricades, est commun à toutes les nations nomades du centre et du nord de l'Asie. C'est sans contredit un des moyens de défense les plus naturels et les plus primitifs. Les Polonais en faisaient souvent usage et l'appelaient tabor. Ils l'ont probablement emprunté des Tartares, avec lesquels ils étaient souvent en guerre. Je pense que Ziska, qui avait long-temps servi en Pologne, y avait appris ce mode de défense, et le porta plus tard à sa perfection.

[62]: Il perdit son premier œil dans sa jeunesse, par un accident, en jouant avec d'autres enfants.

[63]: D'après Balbin, l'empereur Ferdinand V, traversant Czaslaw, visita la cathédrale, et fut frappé à la vue de cette énorme masse de fer suspendue au-dessus d'un tombeau. Il demanda à ses courtisans qui c'était. Personne n'osa répondre. Un des assistants dit enfin que c'était le tombeau de Ziska. «Fi, fi! dit l'empereur, cette bête malfaisante, quoique morte depuis plus d'un siècle, fait encore peur aux vivants.» Il quitta là-dessus la cathédrale, et partit aussitôt de Czaslaw où il avait annoncé qu'il passerait la nuit.