[64]: Selon Æneas Sylvius, vers l'année 1418, un certain Picard (né en France dans la Picardie) vint en Bohême. Ses jongleries séduisirent beaucoup d'hommes et de femmes; il leur ordonnait d'aller nus et les appelait Adamites. Il prétendait être fils de Dieu, et se faisait appeler Adam. Il s'établit avec ses disciples dans une île formée par la rivière Lusinitz, et y introduisit la communauté des femmes. Il annonçait que tout l'univers serait réduit en esclavage, sauf lui et ses partisans. Un jour, quarante de ses disciples sortirent de leur île pour attaquer quelques villages voisins et tuèrent deux cents paysans. À cette nouvelle, Ziska fit cerner l'île où les Adamites s'étaient retirés, et les fit tous tuer, sauf deux qu'il épargna pour apprendre d'eux leurs pratiques superstitieuses. Ziska n'a donc pas exterminé les Adamites à cause de leurs dogmes religieux qu'il ne connaissait pas, mais à cause des assassinats qu'ils avaient commis. Cependant il y a une autre circonstance plus difficile à expliquer: il fit brûler, ou le permit au moins, un prêtre nommé Loquis, qui niait le dogme de la transsubstantiation, que les Taborites admettaient.

[65]: Il faut se rappeler qu'à l'époque où la bataille eut lieu, l'usage des armes à feu était peu répandu. La force et le courage individuel étaient d'une bien plus grande importance alors qu'aujourd'hui depuis l'introduction de ces armes et surtout de l'artillerie.

[66]: Coributt paraît être resté alors en Pologne; mais il revint en Bohême en 1430, et se joignit aux Orphelins avec lesquels il fit plusieurs expéditions aventureuses en Silésie et en Lusace. Il revint en dernier lieu en Pologne, et fut la tige de la famille princière de Wiszniowiecki, aujourd'hui éteinte. Un membre de cette famille, du nom de Michel, fut roi de Pologne en 1669.

[67]: Henry Beaufort était fils de Jean de Gaunt par Catherine Swynford.

[68]: L'auteur contemporain, Æneas Sylvius, dit que les Croisés s'enfuirent même avant d'apercevoir les Bohémiens.

[69]: Il est étrange que cet événement, rapporté par tous les écrivains ecclésiastiques, ait échappé à l'exact et consciencieux Lingard. Il se contente de dire que Beaufort leva une petite armée dans le but chimérique de combattre les Hussites (Histoire d'Angleterre, vol. VIII, page 38 de la IVme édition), et il semble avoir ignoré que ce projet chimérique fut mis à exécution.

[70]: L'évêque de Bamberg leur paya 9,000 ducats, la ville de Nuremberg 10,000; sommes énormes avant la découverte de l'Amérique. De pareilles rançons furent payées par l'électeur de Brandebourg, le duc de Bavière, le margrave d'Anspach, l'évêque de Salzbourg, etc.

[71]: Voici comment Æneas Sylvius décrit l'aspect des Taborites: «C'étaient des hommes complètement noirs, parce qu'ils étaient toujours exposés au soleil, au vent et à la fumée de leur camp. Leur aspect était horrible et effrayant; leurs yeux étaient ceux de l'aigle, leur chevelure était hérissée, leur barbe longue, leur stature prodigieuse, leurs corps velus, et leur peau si dure qu'elle semblait aussi capable qu'une cuirasse de résister au fer.»

[72]: Elles forment aujourd'hui les provinces de la Prusse occidentale et la nouvelle Marche de Brandebourg.

[73]: Les Taborites, les Orphelins et les Orebites donnaient aux Calixtins le nom de Hussites boiteux.