[89-A]: Cet hymne célèbre, qui était chanté par les soldats polonais avant la bataille, et qui a été composé par saint Adalbert au commencement du XIe siècle, a été traduit en anglais par le docteur Bowring, dans ses extraits de poésie polonaise, et en français, par....

[90]: Un manuscrit de cette traduction a été conservé à Varsovie dans la bibliothèque Zaluski, ainsi appelée du nom de deux frères qui, élevés à l'épiscopat, la fondèrent à grands frais. Elle était considérée comme l'une des plus riches de l'Europe, et les deux prélats en firent don à l'État; mais, lors du démembrement de la Pologne en 1795, elle fut transportée à Saint-Pétersbourg. Cet acte de spoliation fut accompli sans aucun soin, et les livres les plus précieux furent perdus dans le transport.

[91]: Dans ce plan de réforme, Ostrorog soutenait que le Christ ayant déclaré que son royaume n'est pas de ce monde, le pape n'avait aucune autorité à exercer sur le roi de Pologne, et qu'il ne devait pas exiger de ce dernier une attitude et un langage contraires à sa dignité;—que Rome tirait chaque année du pays de fortes sommes d'argent sous prétextes religieux, mais, en réalité, par des moyens de superstition, et que l'évêque de Rome inventait les motifs les plus injustes pour lever des taxes destinées non aux vrais besoins de l'Église, mais à l'intérêt personnel du pape;—que tous les procès ecclésiastiques devaient être jugés dans le pays, et non à Rome, «qui ne prenait aucune brebis sans tondre la laine;»—qu'il y avait, parmi les Polonais, des gens qui respectaient les affiches de Rome, ornées de cachets rouges et de ficelles de chanvre et placées à la porte d'une église, mais que l'on ne devait pas ajouter foi à ces impostures de l'Italie.»—Il ajoute: «N'est-ce pas chose ridicule de voir le pape nous imposer, en dépit du roi et du sénat, je ne sais quelles bulles appelées indulgences? Le pape soutire de l'argent en promettant au peuple de l'absoudre de ses péchés; et cependant Dieu a dit par la voix de son prophète: «Mon fils, donnez-moi votre cœur et non votre argent.» Le pape prétend qu'il emploie ses trésors à l'érection des églises, mais, par le fait, il ne s'en sert que pour enrichir sa famille. Je passe sous silence des actes encore plus blâmables. Il y a des moines qui croient encore à de pareilles fables; il y a un grand nombre de prédicateurs qui ne pensent qu'à récolter une riche moisson et à se nourrir des dépouilles du pauvre peuple.» Ostrorog se plaint, en outre, de l'incapacité de certains moines. «Avec une tonsure et un capuchon, dit-il, le premier venu se croit apte à corriger le genre humain. Il crie, et beugle presque, dans la chaire, où il ne rencontre aucun antagoniste. Les hommes instruits, et même le vulgaire, ne peuvent écouter sans horreur les non-sens et même les blasphèmes de ces prédicateurs.»

[92]: Épître de Bernard de Lublin à Simon de Cracovie. Deux écrits antérieurs, De vero cultu Dei et De matrimonio sacerdotum, publiés à Cracovie en 1504, contenaient également des doctrines que Rome considère comme des hérésies.

[93]: La loi neminem captivabimus nisi jure victum, fut établie par la diète de 1431. D'après cette loi, le roi, qui représentait alors le pouvoir judiciaire ainsi que l'autorité exécutive, ne pouvait faire emprisonner aucun noble, si ce n'est dans le cas de flagrant délit; mais il devait accepter une caution en rapport avec le délit qui donnait lieu à l'accusation.

[94]: Modrzewski.

[95]: La Pologne était divisée politiquement en Pologne grande et petite. La première de ces deux provinces, comprenant la région de l'Ouest, reçut le nom de grande, parce qu'elle fut le berceau de la monarchie qui s'étendit successivement vers l'Est et vers le Sud. Elle était cependant moins vaste que la Petite-Pologne, qui comprenait la région du Sud-Est.

[96]: Les Frères Bohêmes ne jouirent de cette protection que durant la vie du duc Albert. Après sa mort, la persécution reprit son cours. En 1568, on défendit aux Frères l'exercice public de leur culte; on leur ordonna de signer les vingt articles de la Confession reconnue en Prusse, et on leur défendit d'entretenir aucunes relations avec leurs coreligionnaires, soit de Pologne, soit de Bohême. Cette situation les décida à émigrer en 1574 pour la Pologne, où leurs églises étaient devenues nombreuses et où la loi garantissait la liberté des cultes.

[97]: L'Université de Kœnigsberg contribua puissamment à répandre en Pologne la connaissance des Écritures, en publiant les premières Bibles et les premiers écrits anti-papistes qui aient paru dans la langue du pays. Elle avait été fondée en 1544 par Albert, duc de Prusse, en vue de populariser les principes protestants. Une anecdote assez curieuse se rapporte à sa création. À cette époque, la sanction du pape ou de l'empereur semblait indispensable pour la fondation d'une Université, et Sabinus, le premier recteur de l'Université de Kœnigsberg, était tellement pénétré de cette pensée, qu'il s'adressa au cardinal Bembo afin d'obtenir du pape l'autorisation d'ériger une école qui avait pour but avoué de combattre l'autorité de Rome. Le cardinal Bembo répondit à cette singulière requête par un refus poli. L'Empereur rejeta de même la demande, qui ne fut accordée que par Sigismond-Auguste, roi de Pologne, se fondant sur son titre de suzerain du duc de Prusse. Chose bizarre! l'autorisation donnée pour l'érection d'une Université protestante, fut contresignée par un évêque catholique romain, Padniewski, chancelier de Pologne.

[98]: Actuellement dans la Pologne autrichienne.