[108]: Latimer prépara la réception de Laski, dont il fit un grand éloge, dans l'un de ses sermons prononcé devant le roi Édouard: «Jean Laski, disait-il, est venu en Angleterre; c'est un homme d'une haute instruction, c'est un noble dans son pays. Il est parti: s'il nous a quittés faute d'emploi, c'est un malheur. Je désirerais que de tels hommes demeurassent dans le royaume. «Celui qui vous reçoit me reçoit,» a dit le Christ. Le roi s'honorerait donc en leur faisant accueil et en les gardant en Angleterre.» (Strype's Memorials of Cranmer, page 236.)
[109]: On nomme ainsi le règlement ecclésiastique qui fut publié par Charles-Quint après sa victoire sur les Protestants, et qui devait demeurer en vigueur jusqu'à la réunion d'un concile général. Ce règlement permettait aux Protestants de communier sous les deux espèces, mais il leur imposait les rites et les dogmes de l'Église romaine. Il fut aboli par le traité de Passau en 1552.
[110]: Laski vivait encore à l'avènement d'Élizabeth, et bien qu'il ne fût pas retourné en Angleterre depuis la mort d'Édouard VI, il entretint une correspondance suivie avec les principaux chefs de l'Église anglicane et avec la reine elle-même. Zanchy, professeur à Strasbourg, lui écrivait, en 1558 ou 1559, les lignes suivantes: «Je ne doute pas que vous n'ayez déjà donné votre avis à la reine sur les moyens de servir les intérêts de la religion. Je ne saurais cependant trop insister pour que vous lui écriviez le plus souvent possible; car je sais quelle est votre influence en Angleterre. Le moment est venu, où les hommes tels que vous doivent soutenir la reine et l'entourer de conseils pour venir en aide à l'Église chrétienne; si le royaume du Christ s'établit en Angleterre, ce résultat sera très profitable pour les Églises éparses en Allemagne, en Pologne et dans les autres pays.» (Voyez Strype's Memorials of Cranmer, pages 238, 239.)
[111]: Laski se maria deux fois; son second mariage eut lieu en Angleterre. Il laissa neuf enfants, dont le plus distingué fut Samuel, qui suivit avec honneur la carrière militaire et fut employé dans plusieurs missions diplomatiques très importantes. Laski dissipa, dans la conception de ses projets, une immense fortune, et sa famille, tombée dans l'oubli, embrassa la foi catholique. Il y a cependant, à ce que je crois, une branche de cette famille qui est demeurée fidèle au Protestantisme.
[112]: Voyez M'Crie's Reformation in Italy.
[113]: Voici cette lettre: «Si je suis bien informé, je dois éprouver la plus vive douleur, douter même de votre salut et de celui de votre royaume. Vous favorisez les hérétiques, vous assistez à leurs sermons, vous conversez avec eux, vous les admettez à votre table; vous recevez leurs lettres et vous leur écrivez; vous souffrez que leurs écrits circulent avec votre approbation; vous ne prohibez point les assemblées, les conciliabules, les prêches des hérétiques. N'êtes-vous point, par cette conduite, le soutien des rebelles et des ennemis du Catholicisme, puisque vous les appuyez au lieu de les combattre? Comment pouvez-vous, contrairement à votre serment et aux lois de votre royaume, accorder aux infidèles les premières dignités de l'État? Oui, vous entretenez, vous nourrissez, vous répandez l'hérésie par les faveurs que vous prodiguez aux hérétiques. Vous avez nommé, sans attendre la sanction du Saint-Siége, l'évêque de Chelm, qui professe les doctrines les plus odieuses, à l'évêché de Cujavie. Le palatin de Vilna (le prince Radziwill), un hérétique, le soutien et le chef de l'hérésie, est investi, par vous, des plus hautes dignités. Il est chancelier de Lithuanie, palatin de Vilna, l'ami le plus intime du roi; il est, pour ainsi dire, le régent du royaume, et presque le second roi. Vous avez détruit la juridiction de l'Église et promulgué un acte de la diète qui autorise chacun à choisir, selon son gré, ses prédicateurs et son culte. C'est par vos ordres que Jean Laski et Vergerius sont venus en Pologne; c'est sous votre autorisation que les habitants d'Elbing et de Dantzick ont aboli la religion catholique romaine! Si vous ne tenez pas compte de cet avertissement qu'ont provoqué de tels scandales, je me verrai obligé de recourir à des moyens plus efficaces. Vous devez changer de conduite. Ne prêtez point l'oreille à ceux qui veulent que vous vous révoltiez contre l'Église et contre la vraie religion; exécutez les ordonnances de vos pieux ancêtres; supprimez toutes les innovations qui ont été introduites dans votre royaume; rendez aux Églises leur juridiction, reprenez aux hérétiques les Églises dont ils se sont emparés; chassez les prédicateurs qui corrompent impunément les sentiments du peuple. Pourquoi attendre un concile général, puisque vous avez en mains les moyens d'extirper l'hérésie? Je vous le répète, si notre avertissement demeure sans effet, je serai obligé d'employer les moyens auxquels le Saint-Siége ne recourt jamais en vain contre les rebelles endurcis. Dieu nous est témoin que nous n'avons négligé aucun effort; mais comme nos lettres, nos ambassades, nos avertissements et nos prières auront été stériles, nous pousserons la rigueur aux dernières limites.» (Voyez Raynaldus ad ann., 1566.)
[114]: Petite ville située entre Lowicz et Varsovie, à 38 milles anglais de cette capitale.
[115]: Raynaldus ad annum. 1556, vol. XII, p. 605.
[116]: Cette Bible, in-folio, est très connue des collectionneurs sous le nom de Bible de Radziwill. Le dernier duc de Sussex en possédait un exemplaire magnifique qu'il avait payé 50 liv. sterl. Le fils de Nicolas Radziwill étant devenu catholique, dépensa 5,000 ducats à racheter tous les exemplaires qu'il put trouver et qu'il fit brûler sur la place publique de Vilna. Radziwill avait dédié cette Bible au roi, en l'engageant très vivement à abjurer le Papisme. La traduction fut confiée à plusieurs savants polonais et étrangers; Laski, notamment, y prit part. Elle se distingue par la pureté et l'élégance du style.
[117]: Le pape prit connaissance de ces demandes avec un vif sentiment de dépit, et il s'exprima à leur sujet avec la plus grande véhémence. (Histoire du Concile de Trente, par Pietro Soave Polano (Sarpi), traduite en anglais par sir Nathaniel Brent. Londres, 1626, page 374).