[118]: La biographie de Commendoni contient le récit de cette importante affaire qui, sans l'habileté du diplomate italien, aurait entraîné la chute définitive de l'autorité romaine en Pologne: «Les chefs des hérétiques, c'est-à-dire les nobles les plus riches et les plus influents tant à la cour que dans le pays, songèrent à fortifier leur parti, dès qu'ils virent que Commendoni agissait activement en faveur de la cause catholique. Ils s'attachèrent à provoquer la réunion d'un concile national, où ils auraient pu décider les questions religieuses conformément aux coutumes et aux intérêts de l'État et sans la participation du pape. Ils disposaient d'un archevêque (Uchanski), auquel sa dignité donnait une égale influence dans le sénat et parmi le clergé, et qu'ils avaient séduit par leurs promesses. Commendoni découvrit le projet ainsi que les intrigues d'Uchanski et des hérétiques. Il résolut d'abord de dissimuler ce qu'il savait, ne voulant pas irriter un homme aussi considérable, qui se serait déclaré ouvertement pour les Protestants s'il avait pensé que ses desseins étaient découverts. Uchanski était d'autant plus à craindre, que le roi paraissait très disposé à assembler le clergé. Commendoni employa toute son intelligence et toute son habileté à combattre ces fâcheuses dispositions; il ne cessa de représenter au roi les périls que courait son autorité ainsi que la tranquillité publique; il lui dit que les concessions faites aux hérétiques et aux masses populaires entraîneraient la perte successive de tous les droits attachés à la couronne;—que si les lois, les ordonnances et les précédents suffisaient à peine à maintenir l'autorité royale, cette autorité serait bien plus compromise dès que l'on semblerait légitimer les mauvaises intentions des Réformistes. Commendoni rappela en outre que, deux ans auparavant, le roi de France, encore enfant, avait été entraîné par la faiblesse de sa mère et par les funestes conseils de ses ministres, à montrer la même condescendance en assistant au colloque de Poissy, comme s'il avait pu être l'arbitre des différends et des controverses de l'Église;—que cette assemblée avait été la source de grandes divisions et était devenue comme une trompette excitant le peuple à la révolte;—que les disputes soulevées par elle, n'avaient contribué qu'à envenimer la guerre civile.»

Ce fut ainsi que Commendoni parvint à dissuader le roi d'assembler un synode national. Ce prince aimait la tranquillité et ne craignait rien tant que les troubles et les révoltes dans ses États. C'est pourquoi, lorsque la question s'engagea au sein du sénat, il arrêta le débat et déclara qu'il n'avait point à intervenir dans les affaires de l'Église. Un grand nombre d'évêques et de sénateurs défendirent avec zèle, dans cette circonstance, la cause de la religion. (Vie de Commendoni, par Gratiani).

[119]: Jusqu'alors la Lithuanie et la Pologne n'étaient unies que dans leur souverain, lequel était héréditaire dans le premier de ces pays, et électif dans le second. En vertu de l'acte de 1569, le roi résigna ses droits héréditaires en Lithuanie et devint électif pour les deux pays, qui eurent également un corps législatif commun, bien que leur administration, leurs lois et leur armée demeurassent distinctes. Cette situation dura, sauf de légères modifications, jusqu'à la dissolution de la Pologne.

[120]: Cette union, bien connue dans l'histoire de l'Église sous le nom de Consensus Sandomiriensis, a été fréquemment racontée. Les relations les plus exactes se trouvent dans l'Histoire du Consensus de Sandomir, par J. E. Jablonski, et dans l'Histoire de l'Église de Bohême en Pologne, par F. Lukaszewicz (ces livres sont écrits en polonais). J'ai également donné quelques détails sur l'union de Sandomir dans mon Histoire de la Réforme en Pologne, vol. I, chapitre IX.

[121]: Voici les noms des principales familles qui embrassèrent le Protestantisme au XVIe siècle: Radziwill, Zamoyski, Potoçki, Leszczynski, Sapiéha, Ostrorog, Olesniçki, Sieninski, Szafranieç, Tenczynski, Ossolinski, Jordan, Zborowski, Gorka, Mieleçki, Laski, Chodkiewicz, Melsztinski, Dembinski, Bonar, Boratynski, Firley, Tarlo, Lubomirski, Dzialynski, Sienlawski, Zaremba, Malachowski, Bninski, Wielopolski, etc.

[122]: John Johnstone naquit, en 1603, à Szamotuly ou Sambter, dans la Grande-Pologne. Son père, Siméon Johnstone, était un ministre protestant descendant des Johnstone de Craigbourne en Écosse. John étudia dans diverses écoles de son pays; il alla, en 1622, en Angleterre, puis en Écosse, où il demeura jusqu'en 1625; de là, il revint en Pologne. En 1625, il entreprit l'éducation de deux fils du comte Kurzbach, et habita avec eux à Lissa. En 1628, il se rendit en Allemagne, puis (1629) à Franeker, en Hollande, où il suivit les cours de médecine. Il se livra aux mêmes études à Leyde, à Londres et à Cambridge. De retour en Pologne, il devint le précepteur de deux jeunes nobles, Boguslav Leszczynski et Vladislav Dorohostayski, avec lesquels il visita Leyde et Cambridge, où il reçut le diplôme de docteur en médecine; il parcourut d'autres contrées de l'Europe et rentra en Pologne vers la fin de 1636. L'année suivante, il se maria, perdit sa femme, se remaria en 1638, et eut, de cette seconde union, plusieurs enfants. En 1642, les Universités de Francfort-sur-l'Oder et de Leyde lui offrirent leurs chaires de médecine; il refusa, préférant vivre dans son pays, et résida à Lissa, en qualité de médecin de son élève Boguslav Leszczynski. Les guerres de 1655 à 1660 le forcèrent à quitter la Pologne; il se retira en Silésie, près de Liegnitz, où il habita jusqu'à sa mort, arrivée en 1675. Son corps fut enseveli à Lissa. Voici les titres de ses principaux ouvrages:—Thaumatographia naturalis in X classes divisa, Amsterdam, 1632, 1633, 1661 et 1666;—Historia universalis, civilis et ecclesiastica, ab orbe condito ad 1633, Leyde, 1633 et 1638, Amsterdam, 1644, Francfort, 1672;—De naturæ constantiâ, etc., Amsterdam, 1632, traduit en anglais sous ce titre: the History of the constancy of nature, etc., Londres, 1657;—Systema Dendrologicum, Lissa, 1646;—Historia naturalis de Piscibus et Cetis, Francfort, 1646;—De quadrupedibus, avibus, piscibus, insectis et serpentibus, Francfort, 1650, 2 vol. Cette édition est très estimée, à cause des planches exécutées par le célèbre Merian.—Idea medicinæ universa praticæ, Amsterdam, 1652, 1664, Leyde, 1655;—Historia naturalis de Insectis, Francfort, 1653;—Historia natur. animal. cum figuris, 1657, etc., etc. Le grand nombre de ces ouvrages, qui eurent, de leur temps, une très haute réputation, prouve le mérite extraordinaire de John Johnstone.

[123]: Voici les titres des principaux écrits d'Hosius: Confessio catholicæ fidei christianæ, vel potius explicatio confessionis à patribus facta in synodo provinciali quæ habita est Petricoviæ, ann. 1551, Mayence, 1551. (Rescius dit que cet ouvrage a eu trente-deux éditions en diverses langues du vivant d'Hosius).—De expresso verbo Dei, 1567.—Propugnatio christianæ catholicæque doctrinæ, Anvers, 1559.—Confutatio prolegomenon Brentii, Anvers, 1565.—De communione sub utrâque specie. De sacerdotum conjugio. De Missâ vulgari lingua celebranda, etc. La meilleure édition de ces divers ouvrages est celle de Cologne, 1584. La vie d'Hosius, écrite par Rescius (Reszka), a été publiée à Rome en 1587.

[124]: Voyez dans les écrits d'Hosius, Epistola Carolo cardinali Lotharingo, etc., Sublacio, 4 septembris 1572.

[125]: Voyez Bayle, art. Hosius.

[126]: Le grand-maréchal avait la direction suprême du pouvoir exécutif.