[132]: Popelinière, Histoire de France, 1581, vol. II, fol. 176, p. II.
[133]: Il n'y en avait pas un seul parmi eux qui ne parlât le latin; beaucoup savaient l'italien et l'espagnol, et quelques-uns parlaient le français très purement, et on aurait pu les prendre pour des hommes élevés sur les bords de la Seine et de la Loire plutôt que pour des riverains de la Vistule ou du Dnieper. Ils firent rougir nos courtisans, qui ne se contentent pas d'être très ignorants par eux-mêmes, mais qui affectent en outre d'être les ennemis déclarés de tout savoir... (De Thou, livre 56).
[134]: Popelinière reproduit le texte des remontrances adressées à Charles IX par les ambassadeurs polonais. Cette pièce n'a pas moins de quatre pages in-folio. (Voyez son Histoire, vol. II, fol. 196 et suiv.). Les ambassadeurs pressèrent, en outre, le roi, de réclamer la liberté de la veuve de Coligny, détenue à Turin, et de réviser le procès de l'amiral, qui avait été condamné par un tribunal partial et inique.
[135]: Hosius envoya au roi Rescius, son confident (plus tard son biographe), et il lui rappela en outre, dans une lettre du 13 octobre 1573, «qu'il ne devait pas suivre l'exemple d'Hérode, mais bien plutôt celui de David, qui n'avait point cru devoir garder un serment irréfléchi. Il ne s'agissait pas d'un seul Nabal, mais de plusieurs milliers d'âmes qui pouvaient être livrées au diable. Le roi avait péché avec Pierre; il devait, comme Pierre, reconnaître son erreur et se convaincre que son serment ne pouvait le lier à l'iniquité. Il n'était pas nécessaire de le relever de son serment, attendu que, suivant toute loi, les actes irréfléchis sont nuls et non avenus...»
[136]: Les rois de Pologne disposaient d'un grand nombre de domaines connus sous le nom de Starosties, qu'ils étaient tenus de distribuer à des nobles qui les conservaient pendant leur vie. Ces dons, originairement concédés en récompense de services rendus, étaient appelés panis bene merentium; mais comme le roi était entièrement libre de les distribuer à sa guise, il s'en servait dans l'intérêt de son autorité. Ils furent largement exploités par Sigismond III, qui les donnait à ceux de ses sujets qui abandonnaient le Protestantisme ou l'Église grecque pour se convertir à la cause de Rome.
[137]: Lukaszewicz, Histoire des Églises helvétiques de la Lithuanie, en polonais, 2 vol. in-8o. Posen, 1842, 1843.
[138]: André Volanus, né en Silésie, mais élevé en Pologne où il arriva dès sa jeunesse, était l'un des hommes les plus instruits de son temps. Protégé par Radziwill le Noir, il remplit avec talent d'importantes fonctions et reçut en récompense de vastes terrains. Il composa plusieurs ouvrages politiques; ce furent ses écrits contre les Jésuites et les Sociniens qui le firent surtout connaître. Il mourut en 1610.
[139]: Stanislas Sudrowski était un homme instruit et renommé pour ses vertus. Il fut ministre de l'Église de Genève et surintendant du district de Vilna. Il publia plusieurs ouvrages, dont l'un, intitulé Idolatriæ Loyolitarum oppugnatio, excita à tel point le ressentiment des Jésuites, que ceux-ci demandèrent au roi que l'auteur et le livre fussent brûlés sur le même bûcher.
[140]: Lukaszewicz, vol. I, pages 47-85.
[141]: Le système d'éducation pratiqué par les Jésuites est admirablement décrit par Broscius, prêtre catholique, professeur de l'Université de Cracovie et l'un des hommes les plus éclairés de son temps, dans un livre publié en polonais vers 1620 sous ce titre: Dialogue entre un propriétaire et un curé. Cet ouvrage excita la colère des Jésuites qui, ne pouvant se venger sur l'auteur, s'en prirent à l'éditeur qui fut, à leur instigation, fouetté en place publique, puis banni. Voici un extrait de Broscius: «Les Jésuites enseignent aux enfants la grammaire d'Alvar, qui est très difficile et très longue à apprendre. Ils ont, pour cela, plusieurs raisons: 1o En gardant long-temps leurs élèves dans les écoles, ils peuvent recevoir un plus grand nombre de présents. (Dans une autre partie de son ouvrage, Broscius a démenti que les Jésuites recevaient en dons volontaires des parents et des élèves une valeur supérieure à celle qu'eût produite le paiement régulier d'une pension); 2o Ils peuvent connaître à fond le caractère de leurs élèves; 3o Dans le cas où les amis de l'enfant voudraient le retirer de l'école, les Jésuites ont un prétexte pour le retenir, en disant qu'il faut au moins lui laisser le temps d'apprendre la grammaire, fondement de toute science; 4o Ils gardent leurs élèves jusqu'à l'âge adulte, afin d'engager dans leur ordre ceux qui ont le plus de talent ou qui attendent les plus forts héritages. Lorsqu'un enfant n'a ni talent ni espérance de fortune, ils ne le retiennent pas. Et alors, le malheureux, incapable de rien faire, en est réduit à invoquer la charité des Jésuites, qui lui procurent quelque place subalterne dans la maison d'un de leurs patrons, et s'en servent ensuite dans l'intérêt de leur cause.»