[156]: Les troupes suédoises, qui avaient observé tout d'abord une discipline rigoureuse, se rendirent coupables des excès les plus odieux quand le pays se souleva contre elles, et se livrèrent alors à des actes de férocité contre plusieurs membres du clergé catholique. Les Protestants payèrent pour l'ennemi. Un certain nombre de ministres et d'autres individus attachés à la Confession de Bohême, furent mis à mort, et leurs églises réduites en cendres, sans compter celle de Lissa, avec une école célèbre. Il existe un manuscrit intéressant à la bibliothèque archiépiscopale de Lambeth: Ultimus in protestantes Confessionis Bohemiæ ecclesias Anti-Christi furor, par Hartmann et Cyrille, ecclésiastiques protestants et professeurs de l'école de Lissa, qui s'intitulent «les exilés du Christ,» et qui furent envoyés en Hollande et dans la Grande-Bretagne pour solliciter, en faveur de leurs frères en détresse, des secours qui leur furent généreusement accordés par les Protestants de ces contrées. Le manuscrit renferme une description de la barbarie révoltante déployée contre les Protestants, sans égard à l'âge ou au sexe, et se termine par les mots dolor vetat plura addere. On avait aussi composé, d'après cet original, un document imprimé, soumis par les délégués à Cromwell, qui les autorisa, en vertu d'une ordonnance datée du 2 mai 1659, à organiser des souscriptions par tout le pays.

[157]: L'ouvrage de M. Lukaszewicz contient toute la procédure criminelle relative à cette affaire.

[158]: Ce prélat ne doit être confondu avec aucun de ceux précédemment nommés en note.

[159]: Salvandy, Histoire de Pologne sous Jean Sobieski, vol. III, p. 388.

[160]: Leduchowski était un gentilhomme, possesseur d'une fortune considérable, mais entièrement exempt d'ambition. Il ne prit aucune part à la lutte entre Auguste II et Stanislas Leszczynski, et s'étant soustrait aux fureurs de ces deux monarques, il continua à vivre dans ses domaines. Investi au plus haut degré de la confiance de ses concitoyens, il fut élu à plusieurs emplois publics. Privé d'enfants, il fit un testament par lequel il léguait ses biens à des collatéraux, à l'Église et aux pauvres. Mais quand il vit le pays en danger, son patriotisme l'emporta sur ses affections de famille et sur ses intentions religieuses et charitables; il annula ses dispositions testamentaires, et consacra toute sa fortune à l'entretien des troupes de la Confédération. Son patriotisme était pur de toute haine politique ou personnelle, et il résista constamment à ceux qui voulaient détrôner le roi, ne comprenant, pour son compte, d'autre but à poursuivre que la paix et la liberté de sa patrie. (V. Ruihière, de l'Anarchie de Pologne, t. II.) Tel fut ce patriote éminent, le dernier qui se leva en faveur des droits de ceux de ses concitoyens dont la croyance n'était pas la sienne. Le sentiment religieux qui présidait à la libre disposition de ses biens quand les besoins du pays n'en réclamaient pas le sacrifice, prouve suffisamment que la noblesse de ses procédés, en cette circonstance, ne découlait pas d'une indifférence religieuse, improprement appelée philosophique.

[161]: Strimesius, auteur protestant, dit que le nonce du pape à la cour de Pologne désapprouva l'affaire de Thorn, et défendit aux Jésuites de faire le serment requis pour l'exécution de la sentence. On dit aussi que le même nonce apostolique avait obtenu un délai en faveur des condamnés, mais que lorsque l'ordre de surseoir parvint à Thorn, il était trop tard, et qu'il transmit à Rome une accusation contre les Jésuites.

[162]: Lukaszewicz, vol. I, p. 351, donne la teneur tout entière de cette lettre pastorale.

[163]: Lelevel, Histoire du règne de Stanislas Poniatowski.

[164]: Ce fait est constaté par Rulhière, que l'on ne saurait taxer de partialité pour les Protestants. (V. son Histoire de l'Anarchie de Pologne, vol. II, p. 352, édition de 1819). Et il est avéré qu'ils regrettèrent amèrement de s'être faits les instruments de l'influence étrangère.

[165]: Histoire de la Réformation en Pologne, vol. II, pages 422-534.