[173]: Les Khozars, nation asiatique vivant le long des côtes occidentales de la mer Caspienne, sont mentionnés pour la première fois en 626, époque à laquelle l'empereur Héraclius conclut un traité d'alliance avec leur monarque, qui se joignit à lui, à la tête d'une armée considérable, dans cette guerre mémorable où Héraclius défit complètement les Persans. Depuis ce temps, les Khosars restèrent les fidèles alliés de Constantinople, et les empereurs mirent tout en œuvre pour maintenir cette alliance précieuse. Les Khozars occupaient tout le pays situé entre les rives du Volga, la mer d'Azof et la Crimée, et avaient poussé leurs conquêtes vers le Nord, jusqu'aux bords de l'Oka. Leur capitale, appelée Balangiar ou Ateb, était située à l'embouchure du Volga. Ils possédaient plusieurs autres villes célèbres par leur commerce; les raffinements de la civilisation byzantine n'étaient pas inconnus à leurs mœurs. Vers le milieu du VIIIe siècle, leurs souverains embrassèrent le Judaïsme; mais, un siècle plus tard, il furent convertis au Christianisme par le même Cyrille et le même Méthodius, qui devinrent ensuite les apôtres des Slaves. L'empire des Khozars, affaibli par les attaques continuelles des Mahométans et par d'autres circonstances malheureuses, fut détruit en 1016 par les Grecs, ses anciens alliés.
[174]: Il est remarquable que la campagne russe de 1828 et de 1829 fut dirigée exactement d'après le plan suivi par l'expédition de Yaroslav, en 1043.
[175]: Un évêque de l'Église nationale russe de Mohiloff, appelé Barlaam, homme d'une vaste érudition, se déclara en 1812, lors de l'occupation de cette ville par les Français, pour le nouvel ordre de choses, et fit chanter un Te Deum à l'occasion de l'occupation de Moscou par les armées de Napoléon. Il fut déposé par le gouvernement russe, et confiné dans un couvent.
[176]: Je ne parle ici que des Chrétiens, car il y a eu beaucoup de prosélytes juifs parmi les païens. Les Iduméens avaient été convertis par Hérode le Grand, et j'ai déjà parlé des Khozars.
[177]: Les horribles scènes dont nous avons parlé dans le texte, sont non-seulement décrites par les écrivains religieux de Russie qui ont pris la plume contre les Raskolniky, elles sont encore rapportées par les savants voyageurs qui ont exploré les provinces les plus reculées de la Russie pendant le dernier siècle, tels que Gmelin, Pallas, Géorgie, Lepekbine, etc. Le baron Haxthausen, qui a habité la Russie en 1843, dit qu'il y a quelques années, un certain nombre de ces fanatiques se donnèrent rendez-vous sur une propriété appartenant à un M. Gourieff, située sur la rive gauche du Volga, résolus à s'offrir en sacrifice en s'entretuant. Après quelques rites préparatoires, cet horrible dessein fut mis à exécution. Trente-six individus étaient tombés sous le fer meurtrier, quand l'amour de la vie se réveilla dans le cœur d'une jeune femme, qui s'enfuit vers un village voisin et donna l'alarme. On accourut sur le théâtre de ce sanglant holocauste; mais l'on trouva quarante-sept individus étendus sans vie, et deux de ces meurtriers fanatiques encore debout. Ils furent pris et subirent le châtiment du knout; mais chaque coup reçu leur arrachait un cri de triomphe, joyeux qu'ils étaient de souffrir le martyre.
[178]: Les mêmes Raskolniky considèrent comme péchés d'autres choses prohibées par le Stoglav, comme par exemple de manger du lièvre, atteler avec un seul timon, etc.
[179]: Tout le monde sait qu'en Russie la capitation est perçue sur la population mâle, appelée âmes dans le style officiel.
[180]: L'auteur de cet ouvrage apprit en 1830, de la bouche d'un haut fonctionnaire russe, que le nombre des Raskolniky, de toutes catégories, pouvait s'élever à cinq millions, et qu'il allait sans cesse en augmentant. Cela ne se dit pourtant que des classes inférieures de la société; car, bien qu'il y ait parmi eux de riches commerçants, leurs enfants, qui ont reçu une meilleure éducation, se rallient presque invariablement à l'Église nationale.
[181]: Un manuscrit russe de 1523, récemment découvert, renferme un exposé d'un auteur inconnu, dans lequel on trouve ce passage remarquable: «Il y a des chrétiens qui croient à Péroun, dieu de la foudre, à Khors et Mokosh, à Sim et à Regl, et aux Vilas, qui, au dire de ce peuple ignorant, sont trois fois neuf sœurs. Ils les croient tous dieux et déesses, leur font des offrandes de korovay et leur sacrifient des poules; ils adorent le feu, ils l'appellent Svarojitch. Les trois premières divinités avaient, suivant Nestor, leurs idoles à Kioff avant l'introduction du Christianisme. On ne sait rien de Sim ni de Regl. La croyance à l'existence des Vilas, ou fées bienfaisantes, est encore aujourd'hui une des superstitions des Morlaques en Dalmatie. Korovay est le nom du gâteau de noces dans plusieurs contrées slaves. Le mot Svarojitch, appliqué au feu par ses adorateurs, est le nom patronymique de Svarog[181-A], le Vulcain des anciens Slaves. Il est très probable que les rites secrets des Raskolniky ne sont rien autre chose que la continuation de l'ancienne idolâtrie slave, à laquelle le manuscrit fait allusion.
[181-A]: La ressemblance de ce mot avec Surya et Sourug, noms indiens du soleil, est l'un des indices de l'origine asiatique des Slaves.