[182]: Ces détails sont tirés, en partie, de l'ouvrage du baron Haxthausen, Studien über Russland. L'auteur de cette esquisse vint à se trouver, en 1820, à Bobrouisk, forteresse sur la Bérésina, où, peu de temps auparavant, un missionnaire, arrivé de l'intérieur de la Russie, avait déterminé une centaine de soldats à s'unir à cette secte, dans les formes requises. Il fut condamné à recevoir le knout, et ses convertis furent transportés en Sibérie.
[183]: Ces sectaires sont accusés des extravagances coupables attribuées aux Adamites; l'on dit que la police de Moscou surprit l'un de leurs conciliabules en 1840, et qu'il fut prouvé, par l'enquête faite en conséquence de cette découverte, que les Khlestovstchiki, ne représentent qu'un degré inférieur ou préparatoire de la secte des Skoptzi; qu'ils mettent la femme en commun, bien que, pour le cacher, ils vivent en couples mariés par des prêtres de l'Église établie. C'est un fait constant qu'à leurs assemblées ils se trémoussent souvent jusqu'à ce qu'ils tombent d'épuisement; mais ces extravagances se retrouvent dans la Grande-Bretagne et en Amérique.
Les Flagellants du moyen-âge avaient été accusés des folies criminelles imputées aux Khlestovstchiki; il serait possible que, dans les deux cas, ce fût le résultat naturel d'une surexcitation d'imagination, produite par l'excès des mortifications.
[184]: De Doukh, esprit ou âme dans tous les dialectes slaves, et Boretz, lutteur ou combattant.
[185]: C'était là exactement la doctrine des Patarins de la Bosnie.
[186]: Le chevalier Saint-Martin naquit en 1743 et mourut en 1803. Ses principaux ouvrages sont: de l'Erreur et de la Vérité, et des Rapports entre Dieu, l'Homme et la Nature. On trouve un aperçu de sa vie et de ses ouvrages dans la Biographie universelle.
[187]: Père d'Alexandre et de Nicolas Tourghénéff, tous les deux bien connus à l'étranger.
[188]: Quelle qu'ait pu être la conduite de Paul en général, et l'on ne saurait douter du désordre mental qui influençait le plus souvent ses actions, les Polonais n'oublieront jamais ses procédés vraiment chevaleresques envers Kosciuszko, à qui il vint apporter lui-même la nouvelle de sa liberté, en attestant que, s'il avait été sur le trône, la Pologne n'eût pas été détruite. Le même monarque, immédiatement après son avènement, consentit en faveur des provinces polonaises saisies par sa mère, au maintien du langage national, des lois et de l'administration locales.
[189]: Peu d'exemples peut-être fournissent une plus forte preuve de l'influence dégradante du despotisme, que celui du comte Rostopchine, lors de l'incendie de Moscou en 1812. Cet acte de patriotisme, par lequel une nation voua sa propre capitale aux flammes pour délivrer le pays d'un agresseur étranger, mérite l'admiration sincère de tout vrai patriote, dussent-ce même les intérêts de sa propre patrie en avoir souffert, comme celle de l'auteur. C'est là, en effet, une cause de juste orgueil pour tous les Russes, mais principalement pour l'acteur principal de ce terrible drame qui n'était autre que Rostopchine, et cependant la servilité du courtisan étouffa dans le cœur de cet homme la grandeur du héros. Ayant appris que l'empereur Alexandre n'approuvait pas l'idée de la destruction de Moscou par les Russes eux-mêmes, bien que cette idée fût convertie en fait, Rostopchine publia un pamphlet en français désavouant cette action héroïque et attribuant l'incendie de la capitale russe aux Français. Hélas! faut-il, de nos jours, avoir vu une nation désavouer, sous l'influence du despotisme, une action que toute autre eût revendiquée avec orgueil!
[190]: La Russie, plongée dans l'anarchie et en guerre avec la Pologne par suite de la rupture du traité conclu par Zolkiewski, fut à deux doigts de sa perte. Elle dut son salut au patriotisme de Minine, bourgeois de Nijni-Novogorod, et du prince Pojarski, qu'il excita à ce mettre à la tête d'une force armée.