Au bout de douze ou quinze jours, lorsque la reprise est certaine, on débouche la bouteille, afin de fortifier la greffe, et peu de temps après on la livre à l'air libre. Il arrive quelquefois que ces greffes portent fruit dès la première année, ce qui fait que ce procédé peut être employé avec avantage, non-seulement comme moyen de multiplication, mais encore pour juger du mérite des variétés nouvelles.
Fig. 7.—Greffe en couronne.
Greffe en couronne, connue sous le nom de greffe Pline.—Cette greffe est employée quand le sujet est trop fort pour être greffé en fente; elle doit être faite à la même époque que cette dernière greffe, et il faut également avoir eu la précaution de couper, pendant l'hiver, des rameaux du sujet à multiplier, pour les empêcher d'entrer trop tôt en végétation. La tête du sujet à greffer doit être coupée horizontalement (voir fig. [7]), et il faut entourer l'extrémité avec une ligature pour maintenir l'écorce, dans la crainte qu'elle ne se fende en faisant les entailles; on enfonce ensuite à la profondeur d'environ 0m,05 un petit coin de fer ou de bois dur entre l'écorce et le bois, puis on taille son rameau en biseau, et, après avoir retiré le coin, on enfonce la greffe, de manière que tout le biseau soit caché (voir fig. [7]). Le nombre des greffes que l'on posera sur le même sujet sera proportionné à sa grosseur. Elles devront être placées à environ 0m,05 l'une de l'autre; et, aussitôt l'opération terminée, il faudra couvrir l'extrémité du sujet, ainsi que les bords de l'écorce, avec de la cire à greffer.
Fig. 8.—Greffe par approche.
7. Greffe ordinaire par approche.—Cette opération consiste à appliquer une branche de la variété que l'on veut greffer contre une branche ou la tige d'un sujet de même espèce; on peut l'exécuter pendant tout le temps que les arbres sont en végétation. On devra procéder de la manière suivante: après avoir rapproché les deux branches parallèlement (voir fig. [8]), on enlèvera sur chacune une partie d'écorce, de manière à former une plaie longitudinale, dont la longueur doit être toujours proportionnée à la force des individus; puis on les appliquera l'une sur l'autre, en ayant soin de faire coïncider les écorces, et l'on maintiendra les deux branches en contact par une ligature de laine ou de filasse, qu'il est souvent nécessaire de desserrer aussitôt la reprise des greffes, afin que la force de la végétation n'occasionne pas d'étranglement, ce qui non-seulement forme des bourrelets, mais nuit aussi à la reprise des greffes. Il ne faudra détacher les greffes que lorsqu'on sera certain qu'elles seront solidement soudées; et même, il est souvent plus prudent de commencer par couper la tête du sujet, de n'entailler qu'à moitié la partie qui doit être coupée, et de ne la sevrer tout à fait que quelque temps après. Il faudra alors la couper le plus près possible de la greffe, afin que la séve recouvre plus facilement la plaie. Cette opération nécessite beaucoup de précaution, pour ne pas entamer le sujet avec la lame du greffoir.
8. Greffe par approche compliquée.—Cette greffe diffère peu de la précédente: elle est spécialement employée pour donner de la solidité aux haies. On croise les branches les unes sur les autres, de manière à former un losange; et, au point où elles se rencontrent, on fait une plaie longitudinale sur chaque branche, ayant soin de faire coïncider les écorces; on maintient les deux parties au moyen d'une ligature, et l'on recommence l'opération à mesure que les branches prennent de l'accroissement.