Les Lettres d’Amour que nous publions ci-après ne peuvent être absolument qualifiées : inédites. Elles n’ont pourtant jamais été éditées fidèlement. Les éditions imprimées présentent avec le manuscrit que nous avons eu sous les yeux des différences importantes.
Ce manuscrit, d’une grosse écriture du XVIIe siècle appartint au regretté savant Monmerqué qui l’avait acheté en 1837 près de Saint-Sulpice.
Il écrivait à ce propos en 1856 au bibliophile Paul Lacroix : « Mon manuscrit est du temps de Bergerac et je ne serais pas éloigné de croire qu’il est de sa main ; mais je n’ai jamais vu une lettre écrite et signée par lui… »
Ce précieux recueil fut vendu en 1861 et il faisait partie, en 1890, de la bibliothèque de M. Deullin, d’Épernay, lorsque ce dernier l’offrit à la Bibliothèque nationale.
Nous avons extrait onze lettres des quarante et une qu’il renferme ; quelques-unes sont étiquetées formellement : d’amour. D’autres, qui entrent par leur sujet dans la même catégorie, portent des titres spéciaux que nous avons reproduits. Nous avons aussi scrupuleusement respecté l’orthographe et nous n’avons modifié la ponctuation, souvent défectueuse, que pour rendre le texte intelligible.
Ces lettres furent-elles adressées à des correspondantes de chair et d’os ? Ou bien faut-il ne voir dans ces galanteries caricaturales que des exercices de rhétorique pure ? C’est un problème que nous ne nous chargerons point de résoudre, la vie privée de Cyrano étant trop inconnue pour rien hasarder sur ses liaisons amoureuses. Il faut laisser aux poètes et aux dramaturges le soin d’arranger ou de déranger l’Histoire.
G. Capon,
R. Yve-Plessis.
LETTRES