—Qu'est-ce que vous voulez, mon ami?

Avant que Berzeel eût le temps de répondre, la foule se creusa, bousculée; comme un tigre, Pierken sauta sur son frère et lui hurla en pleine face:

—Salaud! Crapule! Ivrogne! Tu n'es pas honteux! Veux-tu f…. le camp!

—Hein! quoi! rugit Berzeel, brandissant son bâton.

Et brusquement il l'abattit, de toute sa force, sur la nuque de Pierken.

La foule s'ameutait. Leo se précipita, saisit Berzeel à bras-le-corps, le maintint avec rage. L'orateur sur sa chaise vociférait, faisait des efforts désespérés pour rétablir le calme.

—C'est mon frère, monsieur, gémissait Pierken. J'ai honte de l'avouer.

—Pas de monsieur; appelez-moi camarade, dit le tribun d'une voix mordante. Et lâchez cet homme, ordonna-t-il à Leo. Je me charge de lui faire entendre raison.

Leo dénoua son étreinte, et l'orateur, apostrophant l'ivrogne:

—Mon ami, ce n'est pas bien ce que vous avez fait là. Vous êtes sous l'influence de la boisson, ce fléau de la classe ouvrière en Flandre….