—J'ai pourtant bien le droit de boire une goutte, si je la paie! riposta Berzeel d'un air provocant.
Une clameur s'éleva; l'orateur agita les bras avec violence, réclamant le silence.
—Qu'on apporte une chaise pour cet homme; il est fatigué! cria-t-il.
De nouveau, des clameurs et des rires fusèrent; une chaise fut apportée, passée de main en main au-dessus des têtes, vers Berzeel.
—Asseyez-vous là, dit le tribun.
—Si je veux bien! bégaya Berzeel.
—Veuillez donc bien! insista l'orateur impassible. Berzeel prit la chaise en maugréant, s'y laissa choir, et agitant son bâton vers l'estaminet, commanda:
—Patron, une goutte, nom de Dieu!
La foule ondoyait sous les rires, mais l'orateur, sans se laisser le moins du monde déconcerter, se planta devant Berzeel et reprit, d'un ton saccadé et le regard dur:
—Vous demandez du genièvre! Bon! Mais, avant qu'on vous l'apporte, vous entendrez de moi ce que c'est que le genièvre et quels sont ses effets pour ceux qui, comme vous, en font abus.