Madame de Beule pleurait.
—Qu'y puis-je faire! gémit-elle.
M. de Beule eût été bien en peine de le dire. Et parce qu'il ne trouvait pas de réponse plausible à cette question si simple, il eut un nouvel accès de rage et rugit:
—Je le flanquerai à la porte, ce voyou, ce vaurien! Je ne veux plus le voir ici! Je l'assommerais!
Madame de Beule poussa un cri de désespoir.
—Oh! ne fais pas ça, je t'en supplie! Que dirait le monde! gémit-elle.
Elle touchait là une corde sensible, qu'elle connaissait bien. Ses paroles calmèrent immédiatement la grande colère de M. de Beule. S'il y avait une chose au monde qu'il redoutait par-dessus tout, c'était le qu'en-dira-t-on, l'opinion des gens du village. Pour faire taire les mauvaises langues, il avait imposé le mariage à Poeteken et à «La Blanche»; dans le même but, il résolut, après une délibération plus calme avec sa femme, non pas que M. Triphon épouserait Sidonie, mais que Sidonie serait éloignée de la fabrique, aussi vite que possible, et sans esclandre. Derechef Sefietje fut expédiée vers la «fosse aux femmes», cette fois, pour faire venir Sidonie; et, à la nuit tombante, où personne ne la verrait, elle vint à la maison et fut reçue, de même que pour Poeteken, dans le petit parloir, par Mme de Beule.
Mme de Beule avait pris une figure de circonstance, sévère et attristée.
—Sidonie, commença-t-elle froidement, nous avons reçu des plaintes extrêmement graves sur votre compte.
La jolie fille, à moitié morte de honte, baissa les yeux et ne trouva rien à répondre.