Et moy cependant en silence
J'ecouteray les doux accors
Que ces doctes maistres de France
Chantent pour un si petit corps:
Puis que mes chansons ne sont dignes
De mesler leurs sons discordans
Parmy les tons si accordans
De ces belles gorges divines.
LE MESME A LA MESME.
(Traduit de l'italien et de l'espagnol.)
J'ay cent fois contemplé les beaux yeux amoureux
De celle qu'on jugeoit en France la plus belle,
J'ai veu les bors pourprez de sa levre jumelle,
Qui eust de son baiser mesme tenté les Dieux.
J'ay veu mille beautez dont l'appas doucereux
Eut peu ensorceler l'ame la plus rebelle,
Mais jamais je n'en vi qui fut égale à celle
Qui rend de ses vertus Poictiers si orgueilleux.
J'ay ouy les propos d'une Dame sçavante,
J'ay gousté les accors d'une voix qui enchante,
Mais jamais je n'ouy rien qui peust approcher
Des discours excellens et de la voix mignarde
De Des Roches, qui peut transformer en rocher
Celui la qui l'escoute ou bien qui la regarde.
RESPONSE AU SONNET PRECEDENT
FAITE SUR LE CHAMP.
Comme la lumiere brillante
Du soleil, ornement des Cieux,
Nous rend toute couleur plaisante,
Eclairant promptement nos yeux,