Lionel eut un soubresaut stupéfait.

—Le mariage?... Mais j'y penserai plus tard. Ce n'est pas une femme que je veux pour le moment, c'est une maîtresse. Celle-ci est ravissante, avoue-le, quoiqu'un peu trop sentimentale.

—C'est une créature tout à fait supérieure, dit Fabrice. Et, laisse-moi te le dire... tu n'es pas digne d'elle, mon cher.

—Bah! elle m'adore, absolument. Elle est folle de moi, mon pauvre Fabrice, complètement folle. Aussi je te plains de tout mon cœur, ajouta Lionel en plaisantant, car je vois très bien ce qui se passe... Tu es en train de devenir amoureux d'elle.

—Puisque je te conseille de l'épouser.

—Ce n'est pas la peine... Je l'ai.

—Mais ton enfant?

—L'enfant?... Je suis très content, je t'assure, qu'il survienne. Il me gardera la mère. Elle pourrait changer d'idée, un jour ou l'autre, vouloir un mari, comme elles font toutes. Mais le bébé la retiendra... la gênera joliment tout au moins. D'ailleurs, tu sais, au fond, cela me flattera d'être père, si jeune... et par elle... Qui sait? elle sera peut-être célèbre un jour, cette petite barbouilleuse-là. As-tu vu son tableau au Salon: Portrait de Mlle G. d'A., qui a obtenu une médaille?

—Oui, je l'avais remarqué sans connaître l'auteur. C'est plein de talent.

Il y eut un silence, puis Fabrice reprit: