—Est-ce possible? fit-il. C'est là ce que vous me répondez?
—Qu'il en soit donc comme vous le voulez, reprit Fabrice. Demain je viendrai vous demander compte de ce qui se sera passé entre vous. Oui, j'ai confiance en vous jusque-là. Mais écoutez-moi bien, Renée: Méfiez-vous de cet homme comme j'ai appris à m'en méfier moi-même. J'aimerais mieux qu'il me tuât à vos pieds que de vous quitter en ce moment dans des conditions pareilles. Rappelez-vous que vous vous êtes engagée à moi aujourd'hui. Adieu.
Elle retomba sur le sofa, pénétrée d'horreur devant la réalité de sa situation.
Lorsque Lionel rentra dans sa chambre, après avoir suivi Fabrice jusqu'à la route pour bien verrouiller les portes derrière lui, elle joignit les mains, et s'écria:
—O malheureux! qu'as-tu fait? Tu m'as rendue fausse et criminelle... Je n'ose même plus souhaiter que tu m'aimes encore...
Il approcha son visage de celui de Renée et grinça des dents:
—Ah! tu l'avoues, tu me l'avoues en face!... cria-t-il.
Il resta un moment silencieux, l'écrasant d'un regard noir d'une haine et d'un mépris voulus. Tout à coup il bondit sur le bouquet de violettes:
—Ah! cela, non, par exemple, c'est trop fort!