Évidemment, c’était le sens du regard interrogateur de la petite chienne.

— « Tu voudrais que j’y aille ?… »

Criquette ne bougea pas. Elle n’avait pas compris. Ce n’était pas sa langue.

Mais lorsque Claircœur eut ajouté :

— « Tu veux mener mémère… mener mémère… »

Alors Criquette bondit à terre, courut à la porte, jappant de joie, remuant la queue, — son tout petit moignon de queue, blanc d’un blanc de neige, comme sa robe lustrée, rase et soyeuse.

— « Non, Criquette, non… Je ne peux pas. Allons, viens. Reste avec mémère. Mets-toi sur ton coussin. »

Au mot de « coussin », la docile petite créature se dirigea vers un de ces sièges bas et anguleux qu’on appelle « coins », et qui portait un des moelleux coussins, enveloppés de housses claires et lavables, faisant partie de son mobilier personnel. Criquette y allongea son mince petit corps blanc, où couraient des frissons d’énervement, car les choses ne s’arrangeaient pas comme elle aurait voulu. Son museau fin, posé sur deux élégantes petites pattes, aux pointes rapprochées, — ce qui l’effilait davantage — elle contempla fixement sa maîtresse. Seulement, comme elle regardait maintenant de bas, ses grosses prunelles obscures se soulignèrent d’une ligne de sclérotique pâle, ce qui leur donnait une expression implorante, extatique, plus humaine que canine.

— « Oui, mes beaux yeux… oui, on t’aime », dit la femme de lettres.

Car il était impossible de ne pas parler à un tel regard.