Toutefois, il fallut revenir au marquis de La Persinière, dont l’âme indomptable abusait peut-être du droit qu’on a de faire durer des éternités les minutes qui précèdent la mort.
Encouragée par la présence de Criquette, — celle-là du moins la préférait à tout, — Claircœur faisait voler sa plume sur le papier.
Tout à coup, il y eut, contre la porte, un grattement assez semblable à celui de la petite chienne.
Celle-ci jeta des abois assourdissants.
— « Entrez !… Tais-toi donc, Criquette, tais-toi !… Comment ! c’est ma Lilie !… Arrive, mon amour… On vient donc voir ce que devient cette pauvre tante Gil ?… »
Nathalie, les joues rouges comme des pommes d’api, les mains et la bouche pleines de petits fours fondants et de fruits pralinés, ses yeux bleus scintillant d’une goutte de champagne, déclara :
— « Je viens chercher Criquette… pour qu’elle valse autour de la table. Tu permets, tante Gil ?… Allons, viens, Criquette. »
La petite fox hésitait. Lilie était sa camarade. Et, de son coussin qu’elle n’avait pas quitté, la gourmande reniflait une odeur de sucrerie dont s’accompagnait le frais arome de chair enfantine. Sa truffe remua. Sa langue mouillée torchonna ses babines. Cependant, elle regardait sa maîtresse. Un visible conflit agitait sa conscience de chien.
— « Vilaine Criquette ! » s’écria Nathalie, « Veux-tu m’obéir !… Tante, commande-lui de m’obéir, à cette Criquette, à cette vilaine !
— Offre-lui un de tes bonbons, et elle te suivra », soupira Claircœur, avec une dose de sûreté psychologique qu’elle ne mettait pas toujours en quarante mille lignes.