Mlle Jasmin était abasourdie. Mais abasourdie à un point qu’elle ne trouvait rien à dire… Et même rien à faire. Ce qui fut pénible à Fagueyrat, comme il le lui fit observer :

— « Eh bien, quoi, Blandine ?… Tu ne me sautes pas au cou ?… »

Soupçonneuse encore, vaguement inquiète, elle demanda :

— « Tu as un autre engagement ?

— Mais non, ma gosse.

— Eh bien, nous voilà dans de beaux draps ! » grogna-t-elle. « T’as fait de la belle ouvrage ! Et tu exiges que je vive en petite bourgeoise, que je rompe avec les gens qui ne demandent qu’à m’être agréables ? Je me privais déjà de tout pour t’être fidèle. Mais, maintenant, si nous ne gagnons plus rien, ni l’un ni l’autre…

— C’est tout ton remerciement ? » dit Fagueyrat.

— « Ah ! aussi », s’exclama-t-elle, près de se remettre en colère, « je ne t’en demandais pas tant ! Fallait seulement les menacer… Ils auraient peut-être cédé. »

L’acteur éclata de rire.

— « Est-elle gosse, tout de même, cette Blandine ! Mais, voyons, s’ils avaient dû céder devant la menace, ils céderaient bien plus devant le fait. Et tu vois qu’il n’en est rien.