— « Farceur !… Faut toujours que, vous autres hommes, vous disiez une bêtise, même devant une bobine de tout repos, comme la mienne.
— Tenez », fit le directeur, la prenant par le coude, et la forçant à virer légèrement, « qu’est-ce que vous dites de ça !
— Oh ! épatant !… » cria la romancière.
Une image fulgurante couvrait la moitié d’un mur. L’électricité l’arrachait de l’ombre. Du sang l’éclaboussait, rutilant, et comme fraîchement jailli d’une artère. Des lettres énormes la couronnaient : LE SECRET DU GUILLOTINÉ. Un nom s’étalait au bas : Gilles de Claircœur.
— « C’est l’affiche », prononça l’auteur avec satisfaction.
— « C’est l’affiche. Et c’est aussi la première page du « lancement ». Seulement, le lancement… faut que vous y ajoutiez quelque chose comme soixante à quatre-vingts lignes. Voilà pourquoi je vous ai convoquée dare-dare. Pensez !… on commençait le tirage.
— Comment ?… que j’ajoute ?… On n’a qu’à prendre à la suite.
— Du tout, ma pauvre Claircœur. Ça n’irait pas. Voyons, regardez ça… Qu’est-ce que ça représente ?
— Eh bien, c’est mon guillotiné, devant le couperet, entre les mains de l’exécuteur. Il est très chic. Ah ! pour ça, votre dessinateur a mis dans le mille. On voit qu’il ne s’agit pas d’un vulgaire apache. Un homme de haute race, mon marquis de La Persinière. Quelle allure !… Quelle crânerie devant la mort !…
— Ça n’est pas arrivé, Claircœur. Ne vous émotionnez pas.