— Notre traité ? » suggéra Claircœur.
— « Non. Notre traité… Qu’en avons-nous besoin ? Vos droits sont garantis. Dix pour cent de la recette brute. Je voulais dire… pour le bail du Louvois…
— Quoi donc ?
— On me demande — simple formalité, je vous répète — une signature de garantie.
— De garantie ?… » répéta la femme de lettres, ignorante des affaires comme un enfant au berceau.
— « Oui. Vous comprenez… Un loyer de deux cents francs par soir — six mille francs par mois, ce n’est rien, pour nous. » (Il disait « nous » afin de marquer l’intérêt qu’elle y avait, et comme si jamais sa pièce n’eût dû quitter l’affiche.) « Ce sont des conditions exceptionnelles, que j’ai obtenues par Sépol. Deux cents francs sur des recettes qui, en mettant les choses au pire, en supposant la salle à moitié louée, seront de trois mille francs. »
Rapide, et comme étrangère à sa pensée, une voix en Claircœur supputa : « Le dixième de trois mille = trois cents francs par soir, au bas mot, pour l’auteur. »
Fagueyrat continuait son explication. N’ayant pas eu le temps de rassembler des fonds… (Il en trouverait. Personne ne trouve des fonds plus aisément qu’un directeur de théâtre. Tant de gens paieraient pour se faire jouer. Ceci négligemment)… il ne pouvait donner comme garantie des recettes qui n’existaient pas encore. On demandait une signature, une avance… des enfantillages. Avec Sépol, parbleu ! Sépol, le marquis de Sépol, vous savez bien ?… En voilà un qui lui aurait rendu service. Mais, membre du conseil de la Société, Sépol ne pouvait pas. Claircœur observa naïvement :
— « Quel dommage que je sois une femme !
— Dommage ! Ah ! par exemple, ce n’est pas mon opinion », dit Fagueyrat, avec une intention de galanterie.