—«Dites ce que vous savez,» fit le président.

—«Ce que je sais?...» répéta Hawksbury, merveilleusement à son aise et calme. Un accent, qui n'allait pas jusqu'au ridicule, s'accordait avec sa voix, avec sa physionomie glabre et régulière d'Anglo-Saxon, ajoutait à son exotisme si caractéristique.

—«Oui,» reprit le président. «C'est vous, lord Hawksbury, qui avez demandé d'être entendu comme témoin. Et vous l'avez demandé si tard que l'instruction était close.

—Il fallait la rouvrir,» observa Hawksbury. «Le juge m'aurait entendu... voilà. L'instruction était rouverte.»

Le rire, éteint depuis la Risslaya, se réveilla faiblement.

Le président.—«Pourquoi n'avez-vous pas souhaité de parler plus tôt?

—Parce que je n'avais pas reçu la lettre de ma cousine.»

On rit plus haut. Frédéric se tourna, à demi, dédaigneux:

—«Les auditoires français ont le rire facile. Ma cousine, monsieur le président, est lady Maud Carington. Elle voyage... assez loin. Je ne veux pas dire loin par la distance... Rien n'est loin sur un pauvre petit globe comme la terre. Mais les communications ne vont pas vite. Elle allait au Japon, par les Indes anglaises, la région himalayenne, le Thibet, la Chine.

—Votre cousine est intéressée au procès actuel?» demanda le président, non sans quelque scepticisme.