Lord Hawksbury.—«Mademoiselle Kachintzeff lui donnait des leçons de russe.
—Ah! ah!...» s'écria le président, non sans un accent de triomphe. «Ainsi l'accusée avait trouvé ce moyen de s'introduire parmi les plus proches relations de celui dont elle méditait la mort. La perfidie se glissait là, près d'une jeune fille, d'une fiancée!...»
Sous le regard foudroyant du magistrat, l'étudiante russe eut un geste de dénégation.
Le président.—«Allons donc! Taxerez-vous de fausseté la déposition de lord Hawksbury?
—Pardon!» s'écria le témoin, «ce n'est pas contre ma déposition que mademoiselle Tatiane proteste. C'est contre votre interprétation, monsieur le président.
—Expliquez-vous,» prononça le magistrat, un peu décontenancé par le ton glacial de l'Anglais et le sourire de l'assistance.
Lord Hawksbury.—«Lorsque mademoiselle Kachintzeff accepta de donner des leçons à ma cousine, c'était tout simplement pour gagner sa vie, et, sans doute, celle de son amie, mademoiselle Risslaya. Elle ignorait que lady Maud fût la fiancée du prince Omiroff...»
Le président.—«Qui vous le garantit?»
Lord Hawksbury.—«Le jour où elle l'apprit, par hasard, elle se retira, cessa de voir mes parentes.»
Le président.—«Vos parentes?»