Lord Hawksbury.—«Oui, lady Maud et sa mère, la duchesse de Carington.»
Le président.—«Mais que dit-elle à son élève?»
Lord Hawksbury.—«Qu'elle la plaignait profondément.»
Le président.—«Singulière pitié, d'une malheureuse pour une jeune fille des plus comblées. Pitié plutôt insolente.»
Lord Hawksbury.—«Permettez, monsieur le président. La pitié ne va pas nécessairement de l'opulence à la misère. Elle va du caractère fort, qui se sent au-dessus de l'épreuve, au cœur fragile, que le malheur menace.»
Le président.—«Le malheur, en l'espèce, était d'épouser le prince Omiroff. Une preuve nouvelle de la haine que l'accusée porte au prince.»
Lord Hawksbury.—«Ou de l'intérêt qu'elle porte à ma cousine.»
Le président.—«Messieurs les jurés apprécieront. Est-ce tout ce que vous aviez à nous communiquer, monsieur?»
Lord Hawksbury.—«Pardon. J'ai à vous communiquer la lettre de ma cousine.»
En vertu de son pouvoir discrétionnaire, le président ordonna que cette lettre serait versée aux débats, et qu'on allait en donner immédiatement lecture au jury. Comme elle était écrite en anglais, on introduisit un traducteur juré, tandis que le membre de la Chambre des Pairs allait s'asseoir à côté du précédent témoin.