Mais la jeune femme l'interrompit:

—«Voulez-vous me faire un immense plaisir, mon cher ami?

—En doutez-vous?

—Eh bien, ne m'appelez pas Flaviana,—mon nom de théâtre. Appelez-moi Flavienne. C'est mon vrai nom, à moi. C'est celui que maman me donnait. Vous serez le seul. Personne ne m'appelle plus ainsi.

—Chère Flavienne...» murmura Delchaume.

Troublée par ce qu'elle lut dans les yeux du jeune homme, la fière artiste détourna les siens, tandis qu'ardemment il lui disait:—«Merci!»

—«Maintenant,» reprit-il, après une minute d'un de ces silences auxquels nulle parole n'équivaut, «je dois avant tout vous demander pardon, Flavienne. J'ai manqué de sincérité avec vous. Cependant, je croyais être dans le vrai. Car, le vrai, c'est l'honneur, c'est le devoir. L'honneur et le devoir nous ferment quelquefois la bouche sur la vérité même... Du moins, je l'ai pensé...

—Moi aussi,» déclara la pensive créature avec simplicité. «N'ai-je pas mon secret, que je ne profane pas?»

Il s'inclina. Sur le front gracieux, entre les boucles brunes, il voyait, lui, la couronne princière, dont la merveilleuse femme était digne, et qu'elle aurait dû porter. En même temps, une pointe aiguë lui piqua le cœur. Ce secret, n'était-ce pas aussi un secret d'amour, sur lequel l'âme veuve se serait à jamais refermée?

—«Flavienne... Vous qui aimez mon petit François, l'aimeriez-vous encore s'il n'était pas mon fils?